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« En matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu’un avenir. » : une phrase qui résume bien le premier débat de la primaire de la droite ! A six semaines du scrutin, les français ont droit à une campagne forte en tension où tous les coups semblaient permis. Le duel Juppé-Sarkozy dominait, les principaux prétendants s’invectivant sur leurs démêlés judiciaires, mais les sept candidats étaient préparés à l’affrontement. C’est dans un climat assez houleux qu’ils ont donc pris le temps de présenter leurs programmes respectifs … et pris la peine de pointer du doigt les méfaits de leurs concurrents. Favori des sondages, Alain Juppé y est allé sans risque, sans chercher à prendre la parole ou à se faire remarquer. Le maire de Bordeaux ressort en tête du sondage Elabe (BFMTV) avec 35% des téléspectateurs le désignant comme le candidat le plus convaincant. S’en suit Nicolas Sarkozy (21%), l’ex-président qui n’a pas commis d’erreur manifeste durant ce débat, sa rugosité a tranché avec le calme, voire l’onctuosité, de la plupart de ses concurrents. Candidat le moins bien placé dans les sondages, Jean-Frédéric Poisson (6%) aura réussi sa prestation, s’exprimant sans complexe face à des adversaires plus capés, et parvenant à justifier sa candidature par un positionnement politique original vis-à-vis du reste du plateau. Rendez-vous maintenant les 3 et 17 novembre pour les deux autres débats, avant celui d’entre deux tours le 24 novembre.

Outre les primaires à la présidentielle, les banques centrales ont aussi fait parler d’elles. Aux USA, la Fed s’approche résolument d’une hausse des taux d’intérêt qui devrait intervenir « assez vite », selon Janet Yellen, si l’activité économique poursuit sur sa lancée malgré l’incertitude des élections présidentielles. Le marché estime à 60% de chances une intervention de la banque les 13 et 14 décembre et à 15% pour novembre. Des données mitigées sur le front de l’emploi viennent dans le sens d’un tour de vis monétaire dans deux mois : le nombre d’inscriptions au chômage aux Etats-Unis n’a pas évolué la semaine dernière et demeure en territoire associé avec un marché du travail solide, mais les créations d’emplois ont ralenti de manière inattendue en septembre pour un troisième mois consécutif. Au Japon, la BoJ va probablement abaisser légèrement sa prévision d’inflation pour l’an prochain, mais cela ne devrait pas la conduire à assouplir sa politique monétaire, réorientée le mois dernier.

Les chiffres du commerce chinois pour le mois de septembre se sont avérés mauvais, suggérant que la timide reprise que semblait avoir amorcé la deuxième économie du monde s’essouffle déjà et alimentant des doutes sur le yuan. Les exportations ont baissé de 10% sur un an le mois dernier et les importations ont reculé de 1,9%. La santé fragile du commerce chinois a conduit le mois dernier l’OMC à diviser par près de deux sa prévision de croissance des échanges internationaux cette année.

Terminons sur une note positive en zone euro, où la production industrielle a augmenté de 1,6% en août (consensus à 1,2%), en hausse dans chaque secteur hormis les biens de consommation non durable. La hausse la plus forte revient aux biens de consommation durable (+4,3%), suivis des biens d’équipement (+3,5%). Par pays, elle s’est aussi accrue en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne.