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 » Tapering « , ou le ralentissement des achats d’actifs par la banque centrale, est un terme qui aura fait parler de lui ce jeudi lors du discours de Mario Draghi. Si le patron de la BCE a répété son intention de continuer à agir, si nécessaire, en utilisant l’ensemble des instruments de son mandat, il n’a toutefois pas donné de nouveaux indices quant à l’avenir du QE, comme espéré par les marchés. A l’issue de sa réunion de politique monétaire, l’institution francfortoise maintient son taux d’intérêt des opérations principales de refinancement à 0%, ainsi que ses taux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt, à respectivement 0,25% et -0,40%, et confirme que ses rachats d’actifs de 80 Mds € par mois dureront au moins jusqu’en mars 2017. Mario Draghi a, à plusieurs reprises, renvoyé sa décision à la prochaine réunion du conseil des gouverneurs prévue le 8 décembre. La BCE aura alors en main les nouvelles prévisions de croissance et d’inflation, sur lesquelles elle s’appuie pour justifier ses changements de politique. En abreuvant le circuit financier d’argent frais, l’institut veut stimuler le crédit et encourager ainsi investissements et consommation pour, au final, relancer l’économie et les prix. Si l’inflation a atteint son plus haut niveau en septembre depuis près de deux ans, à 0,4%, elle reste très loin de l’objectif d’un peu moins de 2% de la BCE. Rendez-vous donc en décembre !

Cette semaine, les marchés auront davantage été attentifs aux publications des résultats financiers qu’aux données de l’inflation et de la production industrielle. La saison compte à ce jour 67 sociétés sur les 388 du Stoxx 600 qui ont annoncé leurs résultats, totalisant 54% de surprise positive tirée par les sociétés financières. Outre-Atlantique, 57 sociétés du S&P500 ont publié leurs chiffres, 80% d’entre elles (majoritairement les financières, pétrolières et technologiques) ont battu les attentes.

Sur le continent Nord Américain, les statistiques publiées mettent en exerguent l’ambiguité de la santé de la première économie : les ventes au détail ressortent en hausse de 0,6% en septembre grâce à la vigueur du marché automobile et à la progression des dépenses non contraintes, et la production industrielle progresse (+0,1% vs. -0,5% en août) : ces données suggèrent une accélération modérée de la croissance économique au troisième trimestre, signe de bonne santé susceptible de conforter le scénario d’une hausse des taux d’intérêt de la Fed en décembre. De l’autre côté du spectre, les prix à la consommation sont montés à leur plus haut de deux ans en septembre (+0,3%) mais l’inflation core, indicateur scruté par la Fed, a quant à elle moins progressé qu’espéré (+0,1% vs. +0,2%). Et enfin, dans le secteur de l’immobilier, même si les permis de construire, considérés comme un chiffre clé, ont bondi à un niveau supérieur aux prévisions (+6,3%), le nombre de mises en chantier a chuté de façon inattendue (-9%). En Chine, enfin, si les craintes d’un atterissage brutal de l’économie chinoise se sont un peu apaisées depuis quelques mois, les différents indicateurs témoignent cependant de déséquilibres croissants au sein de la deuxième économie mondiale, de plus en plus dépendante de la dépense et de l’endettement publics alors que l’investissement privé est au plus bas. Cependant, le pays a enregistré au troisième trimestre une croissance économique de 6,7% sur un an, identique aux deux trimestres précédents et comme prévu par les économistes. L’augmentation des dépenses publiques et la vitalité du marché immobilier ont compensé la faiblesse persistante des exportations.