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«  En période de prospérité : prudence ; dans l’adversité : patience »

Alors que l’euphorie se poursuit sur les marchés actions en ce début d’année sur fonds de reflation et d’interventions multiples du nouveau président américain, nous nous surprenons de cet engouement au vu des risques géopolitiques à venir, et surtout du pendant d’une hausse de l’inflation monétaire : la remontée des taux!  Toutefois, nous apprécions un début d’année plus serein que celui de 2016.

Cette revalorisation s’appuie, il est vrai, sur une amélioration du cycle économique pour l’ensemble des zones géographiques. Le spectre de la déflation est désormais derrière nous, et pour la première fois depuis dix-huit mois la croissance des bénéfices des sociétés européennes dépasse celle des sociétés américaines. Enfin, les devises émergentes semblent se stabiliser de même que le prix des matières premières.

Alors pourquoi tant de prudence au sein de notre gestion ?

Les investisseurs ont fortement intégré le bénéfice des réformes annoncées par Donald Trump. Or, ces dernières mettront du temps à se matérialiser, et il n’est pas exclu que les discussions avec le Congrès soient plus houleuses qu’attendues. Une surchauffe de l’économie amènerait les banques centrales à accélérer le resserrement monétaire cassant ainsi les efforts déployés depuis la crise de 2008. Nombre d’opérations financières animent la cote depuis le début d’année. Outre l’aspect positif des revalorisations sectorielles, ces deals entre géants de la croissance (Essilor/Luxottica ; Opa avortée Unilever/Kraft) sont synonymes de fin de cycle, et reflètent la faiblesse de la croissance organique.

D’autre part, en orthodoxie financière, la valorisation des entreprises repose sur l’actualisation des flux futurs ; la croissance des bénéfices doit donc être suffisamment robuste pour compenser le mouvement de hausse des taux. Or, le discours des dirigeants quant aux perspectives du premier trimestre 2017 est relativement prudent.

A très court terme, les élections présidentielles françaises constituent un risque fort. L’exception culturelle française du scrutin à deux tours est pourtant mal connue des investisseurs étrangers, d’autant plus dans une consultation populaire inédite en termes de scandales socio-politiques!  La virée en tête de l’extrême droite au premier tour alimente les craintes d’un « Frexit », distancées par d’autres candidats aux discours plus nuancés sur la question de l’Europe. L’Allemagne procédera en septembre prochain à des élections fédérales qui détermineront ainsi un nouveau couple pour l’Union Européenne qui a célébré en toute discrétion ses noces d’argent autour du traité de Maastricht, ternies par la sortie du Royaume-Uni… ! Le spectre de 2016 autour des chocs politiques est toujours présent dans un contexte de démondialisation où les populations ont sonné la défaite de la pensée unique et de l’establishment ! Quid de 2017 ?

Pour l’instant, les marchés sont bercés par les records incessants des indices boursiers mais sont aveuglés par la hausse des taux de défaut des crédits étudiants et automobiles aux Etats-Unis. Quid de la détérioration de la solvabilité avec les hausses des taux à venir ?

Dans cette ambiance euphorique, nous conservons notre vision fondamentale, ne cédant pas aux sirènes sectorielles. Les secteurs les plus représentés au sein du portefeuille sont les télécoms et la santé. Nous avons pris nos profits sur le luxe, et sommes sous-pondérés sur les financières. L’exposition actions nette d’Arc Patrimoine est de 27,85%, avec un niveau de liquidités, quasi-liquidités de 16,90%, pour une performance de +0,60% depuis le début de l’année.