lettreinfo260

Tout et son contraire ! Nos kiosques à journaux ne tarissent pas de superlatifs dans leurs unes dithyrambiques. Qu’il s’agisse de l’exceptionnelle remontada du Barça face au PSG, de l’inquiétante baisse des cours du pétrole (6% ces deux derniers jours), ou encore de l’atypique course à l’Elysée, nos sociétés raffolent de l’inouï.

La Journée Internationale des Femmes du 8 mars a eu des échos, avec pour thème défendu à l’ONU : « les femmes dans un monde du travail en évolution : pour un monde 50-50 en 2030 ». Les avancées technologiques et la mondialisation sont des opportunités inédites tandis que l’informalité du travail, l’inégalité des revenus et les crises humanitaires fragilisent la parité. State Street Global Advisors, un des plus gros fonds de la planète, a installé face au «Charging Bull» de Wall Street une petite fille en bronze le défiant avec toute l’assurance de son jeune âge. La symbolique autour de la statue d’Arturo Di Modica est forte et exalte la force et la puissance du peuple face à l’argent. Figure obligée de l’agenda politique, le « pacte pour l’égalité » s’installe dans le discours des prétendants à l’Elysée. Forte de sa personnalité, Marine le Pen capitalise sur sa personne et consacre trois lignes sur les 144 de son programme : « lutter contre l’islamisme qui fait reculer leurs libertés fondamentales », « mettre en place un plan national pour l’égalité salariale » et « lutter contre la précarité sociale et professionnelle ». François Fillon poursuit les chantiers engagés en promouvant l’emploi des mères isolées, notamment. Emmanuel Macron veut « faire de l’égalité entre les hommes et les femmes une cause nationale » en envisageant l’individualisation de l’impôt sur le revenu, la création d’un congé de maternité unique ou la transparence sur les critères d’attribution des places en crèches. Benoit Hamon défend la politique du name and shame en rendant public les entreprises ne respectant pas la loi sur l’égalité salariale. Enfin, Jean-Luc Mélenchon propose de revaloriser des métiers majoritairement occupés par des femmes.

Contrairement à son habitude, Janet Yellen a brisé sa prudence coutumière en annonçant le 3 mars qu’une nouvelle hausse de taux serait « probablement appropriée » lors du prochain comité monétaire (FOMC) des 14 et 15 mars prochains. La situation s’y prête, l’économie américaine étant en pleine santé avec un nombre d’inscriptions au chômage au plus bas depuis 44 ans, un ISM manufacturier à 57.7 points et une inflation quasi à niveau des 2% attendus de la Fed. Comme prévu, Mario Draghi a maintenu sa politique monétaire, reconnaissant que les risques de déflation ont disparu. Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances, continue de plaider pour un « début de sortie en temps opportun » de la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE arguant du fait que l’inflation de la zone euro atteint son objectif de hausse de 2% en février dernier sur un an. Néanmoins, la BCE confirme la prolongation de son programme d’achats d’actifs jusqu’à la fin de l’année à 60 milliards d’euros par mois dès avril (versus 80 milliards actuellement). Les perspectives politiques européennes continuent d’inquiéter, les marchés craignant un nouveau choc politique du fait que les partis populistes (Front National en France, Parti de la liberté aux Pays-Bas, Mouvement 5 étoiles en Italie) recueillent respectivement 25%, 15% et…45% des intentions de vote dans des nations où le sentiment anti-euro croît et là où les majorités au Parlement peuvent être factieuses et fragile.