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« Etre contesté, c’est être constaté ». Entre ombre et lumière, Victor Hugo use et abuse d’antithèses qui expriment une vision du monde conçu comme un éternel combat entre les forces antagonistes du bien et du mal.  Son optimisme procède de la conviction que l’histoire est en marche, faisant de lui le mage dont le flambeau éclaire une marche à l’idéal pour le reste de l’humanité.

Baromètre du populisme en Europe, les élections législatives néerlandaises ne s’inscrivent pas dans la continuité d’une « annus horribilis » amorcée en 2016 avec le Brexit et la victoire de Donald Trump. Marquée par les questions de l’identité et de l’immigration dans un pays de 17 millions d’habitants, la campagne néerlandaise a été phagocytée par l’éclatement d’une crise diplomatique entre La Haye et Ankara (interdiction récente d’un meeting pro-Erdogan à destination de la communauté turque). Loin des 40 sièges actuels sur les 150 que compte la chambre basse du parlement néerlandais, le parti populaire libéral et démocrate de Mark Rutte est crédité de 31 sièges, devançant le député controversé Geert Wilders (19 sièges dont 7 de plus qu’en 2012). Ce même élu s’est fait connaître autour d’un court documentaire à charge contre l’Islam et l’immigration, Fitna, et des diffusions de caricatures du prophète Mahomet. La crise migratoire en Europe, amorcée depuis le printemps arabe en 2011 et son aggravation avec « la porte ouverte » d’Angela Merkel encorne l’idéal européen auquel les Pays-Bas se sont massivement prononcés par un « non » au sujet du traité d’association UE-Ukraine en avril 2016. Le pouls politique de l’Europe s’est donc calmé ce mercredi mais Mark Rutte ne marque pas la fin du populisme européen, le Front National en France, et l’Afd en Allemagne grondent avec comme perspective une possible désintégration de l’UE.

Plus politique que monétaire, la BCE a préféré l’inaction la semaine dernière alors que l’inflation a progressé de 2% en février sur un an (0.9% pour l’inflation sous-jacente hors prix de l’énergie) en dépit d’un chômage à 9.6% en zone euro. Les récentes déclarations d’Ewald Nowotny, gouverneur de la banque centrale d’Autriche, ont conforté les marchés dans l’optique d’un relèvement des taux de la BCE en décembre 2017 au plus tôt, en mars 2018 au plus tard, arguant que la banque centrale pourrait relever les taux de dépôt (-0.40% actuellement) avant le taux de financement, sans attendre la fin du programme d’assouplissement quantitatif. Loin des tergiversations européennes, la Fed a relevé d’un quart de point ses taux directeurs (entre 0.75% et 1%), l’emploi et l’inflation évoluant en ligne avec les attentes du FOMC. Sans urgence ni de pari sur l’avenir, la Fed est restée prudente au regard des inconnues de la politique économique de la nouvelle administration Trump. Les marchés ont bien accueilli cette nouvelle, les taux à 10 ans retombant sous 2.50%. La banque centrale n’a pas ajusté ses « dots » (prévisions) avant 2019 soutenant sans conteste les marchés actions mais aussi le cours de l’or tant la Fed prend du retard sur l’inflation.