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En 1534, Henri VIII, plus en accord avec Rome, rompt avec le Pape via l’Acte de Suprématie et divorce de Catherine d’Aragon.

Le 29 mars 2017, le Royaume-Uni, plus en accord avec Bruxelles, rompt avec la présidence de l’Union Européenne via l’article 50 du traité de Lisbonne et divorce de l’Union Européenne.
L’Histoire se répète mais le contexte a changé et les motivations aussi. Si au XVIe siècle la cause de la séparation était principalement due à l’incapacité de Catherine d’Aragon de donner un héritier au monarque, aujourd’hui les motivations sont géopolitiques et économiques, et sont partagées par une majorité de la population britannique. Cette dernière pourrait se trouver sensiblement modifiée puisque dans le même temps, l’Ecosse a autorisé la tenue d’un deuxième référendum sur l’indépendance. Rappelons qu’au premier référendum 55% des écossais étaient contre l’indépendance mais 62% souhaitaient rester dans l’Union Européenne lors du vote de juin dernier. Et ce n’est pas la seule répercussion de ce divorce ! Deux ans de procédure sont lancés et le Royaume-Uni a le plus à perdre d’un «hard Brexit». Les incertitudes rendront la livre Sterling très sensible à la baisse, ce qui est néfaste pour une économie importatrice. Selon Euler Hermes, la croissance britannique ralentira à 1,4% pour 2017 et à 1% pour 2018. La BoE (Bank of England) s’inquiète aussi sur l’endettement des ménages en hausse d’environ 10% par an résultant d’un écart grandissant entre la hausse du crédit à la consommation et la progression des revenus des ménages. La BCE (Banque Centrale Européenne) précise le futur paysage bancaire en annonçant que les banques implantées à la City devront disposer d’une licence bancaire dans l’Union Européenne pour avoir le droit d’utiliser le passeport européen.

Les crédits à la consommation sont analysés de près également aux Etats-Unis. Fin février, les prêts automobiles à des ménages « subprimes » (qualité de l’emprunteur jugée faible) ont culminé à 41 milliards de dollars soit presque 30 milliards de plus qu’il y a 7 ans, après la crise. Ce surplus s’ajoute à la consommation globale des américains qui représente plus de deux tiers de l’activité économique aux Etats-Unis et porte la croissance du pays à 2,1% annualisés au 4e trimestre. Les importations ont augmenté de 9% alors que Donald Trump laisse penser qu’il financera ses réformes fiscales grâce à une « border tax » (taxe douanière). Il s’est également réuni avec ses proches conseillers pour travailler sur un nouveau projet du « Health Care Act » en discussion chez les Républicains.
Tensions politiques également en Afrique du Sud ! Jacob Zuma (président sud-africain) interrompt la « tournée d’information » de son ministre des finances, Pravin Gordhan, auprès des investisseurs de New York, Boston et Londres, interprété comme un risque de limogeage. La résurgence du risque politique pourrait amoindrir la notation de la qualité du crédit du pays donnée par S&P, Moody’s et Fitch.
Retour en France où la semaine politique a été moins agitée, et la reprise d’activité dans le bâtiment confirmée. La FFB (Fédération Française du Bâtiment) attend une hausse de 3,4% en volume tirée par le neuf, et un redémarrage de l’emploi avec un solde net de 10 000 postes pour 2017. En 2016, les effectifs se sont stabilisés et la croissance a été de 1,9% après 8 années de crise.