lettreinfo264

« L’orgueil précède la ruine, et la hauteur précède la chute ». La sagesse biblique nous rappelle que tomber du haut du sublime est la plus lourde chute que l’on puisse faire.

La publication du très attendu PIB annuel américain a marqué le point d’orgue. Au-dessus du consensus à 2.1% vs 2%, l’indicateur n’a pas redonné du pouls aux indices américains. Apathie ou léthargie, la tendance est d’autant plus surprenante que le marché s’attendait à ce que le S&P et le Dow Jones progressent de manière exponentielle. Néanmoins, Donald Trump rencontre des difficultés pour mener à bien sa politique : décret sur l’immigration, échec de l’Obamacare…ont, entre autre, douché les illusions des marchés sur la mise en place des mesures économiques. La majorité républicaine au Congrès ne suffit donc pas à aboutir à des compromis dans un paysage politique très polarisé. Le choc de confiance ne se traduit pas par un renforcement effectif de la consommation car il est mécaniquement affaibli par un taux d’endettement très élevé des ménages et du secteur privé. Présentateur du célèbre jeu télévisé «The Apprentice» de 2004 à 2015, Donald Trump ne fait plus le «show» sur les marchés, lesquels pourraient bien lui rendre sa célèbre réplique : «You’re fired !».  Tweet et fin ?

En Europe, la BCE n’est pas encore convaincue du retour de l’économie de la zone euro à une croissance solide et durable. L’indice IFO mesurant le niveau de confiance des entreprises allemandes est au plus haut depuis six ans, et cela à l’aune des élections fédérales outre-Rhin en septembre et surtout à deux semaines des élections présidentielles françaises ! Les risques politiques, ou populistes devrions-nous dire, sont bel et bien réels mais semblent exagérés, seule la situation politique de l’Italie restant un motif de préoccupation!  Ainsi, Mario Draghi ne considère pas le besoin de modifier le ton ultra-accommodant de sa politique monétaire, caractérisée par des rachats d’actifs jusqu’à la fin de l’année et des taux ultra bas pour stimuler l’inflation (1.50% en mars en-deçà des 2% attendus). Jens Weidmann, président de la Bundesbank, ne voit pas la situation du même œil et appelle la BCE à mettre un terme rapidement à sa politique monétaire expansionniste.

Enfin, souvent discuté lors des débats opposant les onze candidats à la course à l’Elysée, le déficit du budget français s’élève à 21.5 milliards d’euros fin février contre 25.6 milliards un an plus tôt. En 2016, le déficit de l’Etat s’est élevé à 69.0 milliards d’euros, lequel est anticipé à 69.3 milliards pour 2017 selon la loi de Finances. A deux semaines des présidentielles, François Fillon est le plus orthodoxe et préconise une diminution de 100 milliards d’euros sur 5 ans. Marine Le Pen en rendant ) la France sa « souveraineté monétaire » pourrait faire augmenter cette dette de 30 milliards d’euros ar an en raison de la hausse assurée des taux. A mi-mesure, Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon refusent le « diktat communautaire » du plafonnement du déficit public à 3% du PIB, respecté par François Hollande. Enfin, Emmanuel Macron préconise d’économiser 60 milliards d’euros durant le quinquennat et souhaite « optimiser les moyens de l’Etat ».