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« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. »

Cette célèbre citation d’Edgar Faure résume bien la situation actuelle sur la politique française. Ainsi, après la nette victoire d’Emmanuel Macron dimanche dernier à l’élection présidentielle, certains ténors des partis défaits sont tentés de rejoindre le mouvement en vogue de « La République en marche ». Le but ultime pour ces stars déchues et déboussolées par une vague populaire contre « l’establishment » est : soit de briguer une candidature aux prochaines législatives pour conserver leur fauteuil de député, soit de garder un poste clé au futur gouvernement. Affaire à suivre et rendez-vous donc les 11 et 18 juin pour savoir si le plus jeune président de la 5ème République disposera d’une majorité à l’assemblée pour mener ses réformes promises.

En tant qu’investisseurs, quittons ces tractations pour revenir aux fondamentaux qui nous concernent pleinement. La saison des résultats du 1er trimestre est bien entamée et restera dans l’histoire comme un excellent millésime en Europe. En effet, plus de 71% des sociétés de l’indice stoxx600 ont publié et affichent une croissance sur un an glissant de 24% des bénéfices par action et de 12% des ventes. Saluons ces chiffres qui sont les meilleurs depuis le 3ème trimestre 2010 même s’ils sont gonflés par les résultats des compagnies pétrolières ! Cette performance permet aux analystes de rester confiants pour l’année 2017 avec une hausse estimée à 15% des profits pour l’indice Eurostoxx50. Il s’agit bien d’un facteur de soutien important du marché et explique le bon comportement actuel des bourses européennes.

Du côté de l’économie, notons un excellent chiffre du chômage aux Etats-Unis à 4,4% en avril. Même s’il s’agit d’un indicateur retardé, ce pays a créé 211 000 emplois le mois dernier au-delà des attentes et connaît le plein emploi dans certaines catégories de la population. A titre d’exemple, les diplômés des universités connaissent, eux, un taux de 2,4% ! Un rêve pour nos jeunes en France. Toutefois la dynamique devrait être moins importante ces prochaines semaines outre Atlantique contrairement au vieux continent qui attire de plus en plus d’investisseurs. Selon Jefferies au 10 mai, un flux record de 8,2 milliards de $ en une semaine a été injecté dans les marchés actions en Allemagne, France et Royaume-Uni. Cette situation contraste avec un retrait de 1,7 milliard de $ du marché américain.

Vivons-nous une décorrélation durable de ces deux zones ? Surtout pas de triomphalisme ! Même si nous surpondérons l’Union Européenne par rapport à l’Amérique du Nord, il convient de rester vigilant. Certes les indicateurs de volatilité sont tombés au plus bas historique (en dessous de 10% pour l’indice VIX) et traduisent une certaine sérénité chez les opérateurs. Nous devons garder en tête que les mouvements du marché leader ont une influence mondiale.