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« Vous êtes les branches, je suis le tronc. Une seule chose compte est que la récolte soit bonne et que les vaches soient bien gardées » : le gendarme Cruchot, incarné par Louis de Funès, se présente ainsi à sa nouvelle équipe.

Renouvellement politique, équilibre entre la droite et la gauche, parité hommes-femmes incarnent le nouvel ordre exécutif du premier gouvernement Macron suite à la nomination du premier ministre Edouard Philippe. Avec une architecture inédite, ce nouveau gouvernement s’avère un modèle d’équilibre surprenant avec le centre comme point de gravité : 11 personnalités issues de la société civile et 11 du monde politique. Matignon et Bercy (deux postes les plus stratégiques pour mener à bien les réformes promises par le chef de l’Etat) sont sous le signe de la droite juppéiste (Edouard Philippe) et sarko-sceptique (Bruno Le Maire) tandis que Nicolas Hulot crée la surprise pour la transition énergétique. Cette nomination n’est pas du goût des marchés, le titre EDF perdant jusqu’à 6.7% dans la foulée de l’annonce du gouvernement, les investisseurs craignant que le nouveau ministre implémente une réglementation défavorable au nucléaire français défendu néanmoins par le président élu.

Outre-Atlantique, la politique est plus que présente à Wall Street alors que la Maison Blanche est imputable à une crise politique impliquant le président Donald Trump. Robert Mueller, ancien directeur du FBI, a été désigné par le département de la Justice comme procureur spécial pour enquêter sur les soupçons de collusion entre la Russie et l’équipe de campagne du milliardaire qui tweete à propos de « la plus grande chasse aux sorcières ». Le Dow Jones et le S&P accusent leur plus forte baisse depuis le 9 septembre craignant que la multiplication des scandales politiques ralentisse le rythme des réformes économiques et fiscales promises par le président voire qu’elle aboutisse à une procédure de destitution (« impeachment » ) lancée par le Congrès. « It may be too late to bet on it » titrent les médias. Les banques américaines pâtissent particulièrement de ces incertitudes politiques d’autant plus que la probabilité d’une hausse des taux de la Fed en juin s’effrite à 69%.

In fine, nouveau séisme politico-médiatique au Brésil ! Le groupe de médias le plus puissant du pays, Globo, a révéle des écoutes avalisant le versement d’argent sale par un député de son parti (PMDB) afin de faire taire Eduardo Cunha, ancien président de la Chambre des députés. « Lava Jato » ou lavage express, cette affaire met la politique brésilienne dans l’impasse. Signe de vive in quiétude,  la séance de bourse de São Paulo a été suspendue ce jeudi, l’indice perdant plus de 10% et la devise plus de 6% à l’ouverture.