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De la célèbre voyante de Belleville à « La Douce » incarnée par Marguerite Monnot (pianiste, compositrice d’Edith Piaf), Irma perd cette fois de sa superbe et s’incarne en ouragan puissant, de catégorie 5, qui dévaste les Antilles, Cuba et la Floride. Conséquence du réchauffement climatique ou catastrophe naturelle, l’intensité de la frappe est telle que le coût des ouragans Irma et Harvey devrait s’élever à 290 milliards de dollars pour les seuls Etats-Unis, soit 1.5 points du PIB américain. Interruption de l’activité des entreprises, chômage en hausse pour des mois, infrastructures détruites ralentissant les transports, pertes agricoles (coton, orange..), hausse du prix des carburants…la liste des conséquences est longue.

A l’occasion du 69° anniversaire de la république populaire nord-coréenne, l’absence de nouveau tir de missile et la perte d’intensité d’Irma en début de semaine ont apaisé les bourses. Les indices de volatilité européen et américain reculent respectivement de 8% et 11%. Moins intense que prévu, Irma a bénéficié aux assureurs tel Hannover Re (+5.38%) qui signe la plus forte hausse du Stoxx 600 ce lundi. Les principaux indices américains signent de nouvelles clôtures inédites bien qu’Apple ne rencontre pas de franc succès avec la présentation de l’iPhone X commercialisé le 3 novembre prochain (un peu tard pour les ventes de Noël). Habitué à de nouveaux records, le bitcoin perd jusqu’à plus de 10% de sa valeur au lendemain d’un avertissement du PDG de JPMorgan Chase&Co qui juge que cette monnaie virtuelle est une « fraude » qui finira par « exploser ». L’annonce par les autorités chinoises de l’interdiction pour des individus et organisations de lever des fonds par émissions de jetons digitaux (Initial Call Offerings) joue en défaveur de la cryptomonnaie qui a quintuplé sa valeur depuis le début de l’année mais qui a perdu presque 15% de sa valeur en 10 jours. Enfin, les banques américaines ont d’ores et déjà averti sur leurs revenus du trading qui seraient certainement décevants au troisième trimestre au regard de la faiblesse des volumes traités cet été et la baisse de la volatilité. Bank of America s’attend à 15% de recul du revenu du trading par rapport au T3 2016, tandis que JPMorgan est plus pessimiste avec une baisse attendue de 20%. Rappellons qu’au T2 2017, Goldman Sachs avait subi une baisse de 40% de ses revenus dans l’obligataire. La banque d’affaires a présenté mardi un plan de croissance reposant sur des opportunités censées augmenter les revenus annuels de 5 milliards de dollars, à terme.

Ce jeudi, la BNS a légèrement modifié la formulation employée pour évaluer la situation de la monnaie nationale tout en maintenant une politique monétaire expansionniste. La banque centrale helvète constate que le franc a faibli face à l’euro mais continue à le juger surévalué. Le taux Libor demeure dans une fourchette de -1.25% à -0.25% depuis janvier 2015 tandis que le taux de -0.75% appliqué aux dépôts à vue est toujours maintenu. Les prévisions de croissance de la Suisse sont réduites de 1.5% à 1% et les taux négatifs demeurent l’un des piliers de la politique monétaire de la BNS depuis le désarrimage soudain du franc suisse avec l’euro en janvier 2015. Outre-Manche, la BoE a estimé qu’une première hausse des taux d’intérêt depuis plus de 10 ans serait probablement nécessaire dans les prochains mois si l’économie britannique continuait à croître et que les pressions inflationnistes continuaient à se développer (2.9% en août). En dépit du Brexit, la croissance économique britannique a été meilleure que prévu en 2016 mais ralentit au premier semestre 2017 donnant ainsi une croissance représentant la moitié de sa moyenne à long terme car une inflation au plus haut depuis quatre ans érode le revenu réel disponible des ménages.