lettreinfo285

A l’approche de cette dernière période de consultation populaire en Allemagne (Bundestagwahl) et des sénatoriales françaises, l’heure est à nouveau au bilan administratif. Figure quasi-officielle de la RDA après un exil forcé du régime nazi, Brecht (prix Staline international pour la paix – 1955), s’exprime ainsi dans La Solution : « Le gouvernement estime que le peuple a trahi la confiance du régime et devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités. Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple. »

Dimanche 24 septembre. L’enjeu des élections fédérales allemandes implique pour la chancelière sortante Angela Merkel (CDU/CSU) d’obtenir un quatrième mandat à la tête du gouvernement fédéral tandis que les sociaux-démocrates menés par Martin Shulz (SPD) visent à revenir au pouvoir après 12 années dans l’opposition ou partenaire minoritaire au sein de grande coalition. Les 598 membres du Bundestag sont élus pour quatre ans au scrutin majoritaire uninominal (299 élus de circonscription par première voix – erste stimme) et au scrutin proportionnel par compensation (299 élus de candidats présents dans l’Etat fédéré – zweite stimme). Prudente administratrice de la République fédérale, Merkel avance les signes de la vigueur de l’économie allemande (quasi plein emploi, excédent commercial) mais force est de constater que le revenu des 15% les plus aisés a augmenté deux fois plus vite que le reste de la population depuis la réunification alors que les 5% les plus modestes ont perdu en termes réels. Héritage des réformes menées par Gerard Schröder et/ou avantage de la politique de la BCE bien que contestée par le ministre des finances, Schaüble, le bilan de la chancelière peut se démysthifier : hausse de 634 mds de dette publique (fruit de la crise financière et des prélèvements fiscaux en hausse de +1.8% entre 2006 et 2016).  Les cadeaux accordés par la grande coalition aux retraités, la transition énergétique et le coût de l’accueil des réfugiés sont autant de sujets qui divisent l’échiquier politique allemand et qui condamnent le succès d’une coalition à la jamaïcaine (co-pouvoir des 6 principaux partis dont les verts, à l’exclusion de l’extrême droite : Alternative für Deutschland).

Au plus bas depuis décembre 2015, le rendement des emprunts d’état portugais à 10 ans continue de reculer, favorisé par le relèvement de la note de crédit de Standard&Poor’s. Ainsi, l’écart entre les taux à 10 ans portugais et italiens se réduit considérablement et revient à des niveaux de début de crise de la dette en zone euro en 2010-2012. Cette semaine, les banques centrales se sont prononcées au sujet de leur politique monétaire mais ni La Banque du Japon ni la FED n’ont modifié leur politique monétaire en dépit de perspectives économiques optimistes.  La BoJ est certaine qu’une reprise économique robuste permettra une accélération progressive de l’inflation vers son objectif de 2%, sans nouvelle mesure de soutien monétaire. La FED a répété sa prévision d‘une nouvelle hausse de taux d‘ici la fin de l‘année aux Etats-Unis. Néanmoins, les investisseurs sont sceptiques en raison d‘une inflation toujours éloignée de l‘objectif de 2% de la Fed. Dès octobre, elle va diminuer la taille de son bilan (4500 milliards soit 20% du PIB américain) de 10 milliards de dollars par mois, en ne réinvestissant pas une partie des titres arrivés à maturité.

Les nouvelles projections économiques estiment que le niveau “approprié” des “fed funds”, le principal taux directeur de la banque centrale américaine, sera dans une fourchette de 1,25% à 1,50% d‘ici la fin de l‘année.