lettreinfo286

Das Neue Deutschand !

Si Lionel Jospin dans Le temps de répondre (livre de campagne à la présidentielle française de 2002), considère que « la cohabitation n’est pas un bon système dans la durée », force est de constater que la victoire amère d’Angela Merkel ouvre la voie à une coalition jamaïcaine (le noir, le jaune et le vert du drapeau correspondant respectivement aux couleurs de la CDU-CSU, les libéraux et les Grünen).

Les deux partis de centre-droit allemand ont une nouvelle fois remporté la majorité des votes, offrant un quatrième mandat à Mutti (surnom de la chancelière signifiant la mère patrie), dans un contexte marqué par la montée en puissance du parti anti-immigration Alternative für Deutschland. Si la réélection d’Angela Merkel est un vote en faveur du statu quo en dépit d’une montée du populisme (droite et gauche), la forme définitive que prendra le gouvernement de coalition pourrait conditionner son approche à l’égard de nombreux sujets, notamment l’Europe et sa « wilkommencultur » (politique d’accueil des migrants). Les investisseurs inquiets des risques géopolitiques pensaient être rassurés par le maintien d’un gouvernement pro-européen à Berlin. La baisse de soutien en faveur d’Angela Merkel est loin d’être fatale même si la poursuite du « super cycle » électoral européen pourrait être synonyme de mauvaises nouvelles pour l’euro. N’oublions pas que l’agenda politique européen est chargé ! Le 1er octobre se tient le référendum sur l’indépendance de la Catalogne. Les autrichiens, dont les présidentielles en 2016 opposant Alexander van der Bellen (écologiste) et Norbert Hofer (extrême droite) avaient été très controversées sur fonds de problème de comptage de voix, sont emmenés à se prononcer lors des législatives le 15 octobre. Enfin, les élections italiennes attendues au printemps 2018 sont particulièrement inquiétantes, les partis eurosceptiques et notamment le M5S de Beppe Grillo progressent dangereusement.

Outre-Atlantique, en dépit d’importantes incertitudes sur la trajectoire de l’inflation, Janet Yellen a déclaré que la Fed devait poursuivre ses hausses de taux d’intérêt, sans insister sur la nécessité que le durcissement monétaire soit progressif. Elle prend ainsi acte de la difficulté de la Fed à anticiper l’évolution des prix à la consommation. Les deux mandats de la Fed sont de garantir la stabilité des prix aux Etats-Unis, et créer les conditions du plein emploi dans le pays. Par son discours, la présidente de l’institution émet la possibilité que la Fed ait « mal spécifié » ses modèles concernant l’inflation, « mal évalué » la vigueur sous-jacente du marché du travail, ainsi que la question de savoir si les anticipations d’inflation sont aussi stables qu’elles le paraissent. Il serait imprudent d’observer le statu quo en matière de politique monétaire jusqu’à ce que l’inflation retrouve un niveau de 2%. Sans hausse des taux, même modeste, le risque serait une surchauffe du marché du travail, ce qui créerait un problème inflationniste potentiellement difficile à surmonter sans provoquer de récession. A l’issue de la prochaine réunion du comité de politique monétaire les 12 et 13 décembre prochains, l’évolution des derniers sondages implique une probabilité de hausse des taux directeurs de 78% pour décembre 2017.