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« Yo soy español », « No se votará », « Puigdemont a la prisón », « Cataloña en pie ! »  Autant de slogans que la rue a prononcé pour ou contre l’indépendance de la Catalogne !

Mise au défi, la démocratie espagnole a été ébranlée. Le choix des urnes ou celui de l’Etat de droit constitue déjà une défaite pour le gouvernement de Mariano Rajoy qui a prétendu faire respecter la légalité en interdisant le vote des catalans lors du référendum autoproclamé ce dimanche. Autonomie ou sécession, le référendum sur l’indépendance catalane résulte de raisons conjoncturelles entre la crise économique qui a mis à mal l’économie espagnole et morcelé le paysage politique. Les deux dernières élections législatives n’ont donné lieu à aucune majorité stable ! Six semaines après l’attentat islamiste de Barcelone, c’est une revendication identitaire qui s’affirme et non pas une Espagne qui fait corps face au danger. Carles Puigdemont, président de la Generalitat (gouvernement catalan), considère que le pacte constitutionnel est feu depuis 2010, date à laquelle le gouvernement de Zapatero a enterré, selon lui, le projet de renforcement de l’autonomie catalane. La rue contre la légalité, Puigdemont a forcé la main du parlement régional au grand dam des règles élémentaires pour la tenue de ce référendum. L’indépendantiste a certes gagné la victoire de la communication en ralliant des partisans mais l’effet domino des violences est imprévisible, surtout dans une Europe de plus en plus contestée où s’affirment des revendications nationales. La Cour constitutionnelle espagnole a suspendu la session du Parlement régional catalan au cours de laquelle les indépendantistes devaient proclamer l’indépendance. La banque espagnole Sabadell, cinquième banque espagnole et deuxième de Catalogne, a décidé jeudi de transférer son siège de Catalogne à Alicante, sur fonds d’incertitude politique.

Outre-Atlantique, les trois grands indices continuent de signer des clôtures records. Le S1P 500 égale une série qui remonte à juillet 2013 et signe une sixième clôture record d’affilée pour la première fois depuis juin 1997 (8 hausses consécutives à cette époque). La Chambre des représentants a voté un projet de budget 2018 accompagné d’une disposition qui devrait permettre son adoption à la majorité simple au Sénat et accélérer la réforme fiscale. Ce grand chantier de Donald Trump est attendu avec impatience pat Wall Street qui attend des effets rapides sur les profits des entreprises. Le déficit commercial est revenu en août à son plus bas niveau en 11 mois et les commandes à l’industrie ont augmenté plus que prévu. Les inscriptions au chômage ont sensiblement diminué. L’économie est toujours solide en dépit des perturbations dues aux ouragans cet été. L’attention se porte désormais sur les chiffres des créations d’emplois de septembre et les résultats des entreprises au T3 dont les publications commencent prochainement. Les valeurs technologiques profitent de la bonne santé du secteur alors que les valeurs financières saluent la confirmation de Randal Quarles par le Sénat, partisan d’une simplification de la régulation bancaire, au poste de gouverneur de la Réserve fédérale où il aura la charge de la supervision. Enfin, trois responsables de la Fed se sont exprimés jeudi en faveur d’une hausse des taux en décembre, comme attendu par les marchés.