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« We have met the first challenge and have made good progress to date in meeting the second ». Janet Yellen, première femme patronne de la Fed, est désormais remplacée, sans surprise par Jerome Powell.

Le bilan de la démocrate au bout de son mandat de quatre ans est une réussite : réduction du Quantitative Easing et début d’un cycle de hausse des taux tout en gardant le « bull market » sur des rails. Le taux de chômage a été abaissé de 6.7% à 4.2% durant son mandat, le plein emploi étant une des priorités de l’institution de Philadelphie, et la croissance est au rendez-vous-même si son rythme est plus faible que lors des précédentes sorties de récession. C’est la première fois depuis 1979 que le patron de la Fed n’est pas reconduit pour un second mandat ! Donald Trump a fait le choix de la continuité en nommant Jerome Powell, nommé au conseil des gouverneurs de la Fed en 2012 par Barack Obama. Sa nomination, largement anticipée, n’a pas fait frémir les marchés tant ce républicain modéré faisait figure de favori pour le poste. Un tel choix permet au président américain d’imprimer sa marque à la tête de la banque centrale sans rompre avec la politique monétaire prudente de relèvement progressif des taux d’intérêt pour accompagner la reprise économique. Jerome Powell a collaboré avec Janet Yellen et soutenu ses orientations en matière de politique monétaire. Il partage avec elle l’idée que la faiblesse de l’inflation justifie la poursuite d’une approche prudente en matière de taux d’intérêt. Pour rappel, ils ont été relevés deux fois cette année et devraient l’être à nouveau en décembre prochain. En principe, l’actuelle présidente peut rester au conseil des gouverneurs de la Fed jusqu’en 2024 mais la pratique veut que les ex-présidents ne siègent plus, une fois leur successeur en place.

En Europe, la Banque d’Angleterre a relevé son taux directeur de 25 bps à 0.50% en soulignant que la remontée serait très graduelle. C’est la première fois depuis 2007 que la BoE relève ses taux. La livre sterling a cédé du terrain après ce tour de vis monétaire, et l’institution n’a pas répété le message selon lequel les marchés sous-estiment l’ampleur des futurs relèvements de taux. Le gouverneur, Mark Carney, a dit s’attendre à une intensification des pressions inflationnistes et à deux nouvelles hausses de taux d’ici trois ans, l’inflation ne reviendra probablement pas vers son objectif de 2%. Cependant, le dilemme auquel est confronté la BoE réside entre croissance molle et inflation trop élevée ! L’inflation a atteint 3% en novembre (plus haut niveau depuis 5 ans) du fait de la dépréciation de la livre depuis le Brexit qui, renchérit le coût des importations. D’autre part, la faiblesse du taux de chômage, au plus bas depuis les années 1970, et l’accélération attendue de la productivité devraient provoquer une hausse des salaires.

Enfin, le bitcoin proche des 7000 dollars provoque admiration et scepticisme à l’image de Tidjane Thiam, directeur général de Credit Suisse, pour qui l’anonymat des transactions sur la monnaie virtuelle pose un vrai problème de lutte contre le blanchiment. Comme le patron de JP Morgan, Jamie Dimon, il identifie la cryptomonnaie comme la définition même de la spéculation. Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs, déclare réfléchir sur le sujet et affirme « Aucune conclusion, ni approbation ni rejet. Je sais que les gens aussi étaient sceptiques quand la monnaie papier a remplacé l’or. »