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Le vieux continent serait-il désireux de rester jeune ?

L’UE affirme en tout cas une volonté de réforme certaine, comme le laisse entendre les sujets débattus par les Grands Argentiers européens réunis lors de l’Eurogroupe lundi. Ces derniers ont étudié différentes questions afin de préparer la prochaine réunion du 04 décembre, lors de laquelle des propositions concrètes en termes de réformes devraient être faites. Les ministres semblent de plus en plus douter de la capacité de la Commission Européenne et de l’Eurogroupe à faire respecter des règles de fonctionnement devenues peu à peu trop complexes, et donc à simplifier impérativement. Cette idée semble d’ailleurs aller de pair avec celle d’un budget spécifique de la zone euro, qui viserait à anticiper les prochaines graves crises économiques qui pourraient se présenter. A ce stade les positions semblent pourtant loin de se rejoindre. La France soutient cette proposition, tandis que l’Allemagne continue de réfuter, sans surprise, l’idée de mutualiser les risques financiers. Par ailleurs, les grandes échéances des banques centrales étant derrière nous, l’attention des marchés s’est surtout portée sur la publication du bulletin économique de la BCE. Au Royaume Uni, les chiffres se suivent et ne se ressemblent pas. Alors que les indices PMI avaient contribué à la remontée de la Livres Sterling la semaine dernière, la rechute des ventes automobiles et l’indicateur avancé des ventes au détail en début de semaine sont venu rappeler la fragilité de la situation économique Britannique et le risque pris par la BoE en relevant ses taux le 02 novembre dernier.  De son côté, la BCE s’interroge sur la qualité de la reprise économique. Jeudi, la Commission Européenne confirmait la vigueur du cycle de croissance européen en révisant à la hausse ses prévisions pour 2017 et 2018 (de +1.7% à +2.2% et de +1.8 à +2.1%), soit le rythme le plus haut depuis 2007. Cela ne s’accompagne toutefois que d’une très lente remontée des pressions inflationnistes, justifiant la stratégie de prudence de la BCE, qui envisage la sortie de sa politique monétaire accommodante de façon très progressive (30 Mds€ d’achat d’actifs jusqu’à fin 2018).

Outre Atlantique, le brouillard semble revenir sur le Capitole. Les doutes sur la capacité du gouvernement Trump à concrétiser ses promesses de campagne ressurgissent alors que la proposition de réforme fiscale du Sénat diverge, sur des points majeurs, avec celle de la chambre des représentants. La baisse du taux d’impôt sur les sociétés, notamment, n’est pas envisagée par le Sénat avant 2019. Un tel changement serait de nature à inquiéter les marchés, dont une partie de la hausse s’explique par l’espoir de voir les bénéfices des entreprises croître rapidement, même artificiellement. Néanmoins, quelques consensus apparaissent, à l’image de la baisse des impôts pour les entreprises qui rapatrieraient des capitaux stockés à l’étranger. Le compromis entre les deux chambres semble toutefois difficilement atteignable.

En Chine, le taux d’inflation continue de se redresser, soutenu par la lutte contre la pollution des derniers mois et l’augmentation des prix du pétrole qui renchérissent le coût des intrants à la production. Dans ce contexte, la banque centrale dispose des marges de manœuvres suffisantes pour poursuivre son resserrement monétaire et accompagner l’objectif de Xi Jinping pour une « croissance durable ».