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« L’histoire du commerce est celle de la communication des peuples. « Préambule au maintien de la paix, du libre-échange, Montesquieu dans De l’esprit des lois, repense la généalogie du paradigme libéral afin de comprendre les logiques locales.

A Francfort, la communication avancée des banques centrales prend une nouvelle tournure alors qu’elles commencent à réduire leur soutien monétaire. Mark Carney (gouverneur de la Banque d’Angleterre-BoE), Harukido Kuroda (président de la Banque centrale du Japon-BoJ), Janet Yellen (président de la  Réserve fédérale américaine-Fed) et Mario Draghi (président de la Banque centrale européenne-BCE) se sont exprimés sur la communication des banques centrales. Alors que la Fed s’apprête à relever pour la cinquième fois ses taux d’intérêt, l’institution de Philadelphie se prête désormais à l’exercice de la réduction de bilan. La BoE relève pour la première fois son principal taux directeur à 0.5%. La BCE prolonge son programme de quantitative easing (rachat d’actifs) de 9 mois mais le divise de moitié, de 60 mds mensuels actuellement à 30 mds dès janvier 2018. Enfin, la BoJ laisse sa politique monétaire intacte mais souligne des soutiens supplémentaires sont peu prononcées.

Cet exercice, délicat, a eu quelques effets pervers. On se souvient de la panique provoquée par la Fed sur le marché obligataire en 2013 lors de l’annonce de son plan de réduction de soutien monétaire ou encore de Mark Carney, pris en défaut par l’économie britannique lorsqu’il avait annoncé une remontée des taux d’intérêt de la banque centrale. Plus récemment, Mario Draghi a provoqué une vague de ventes en juin après avoir suggéré que la politique monétaire de la BCE pourrait être adaptée. La Banque des Réglements Internationaux considère ainsi que « trop de prévisibilité et de gradualisme peuvent conduire les investisseurs à prendre trop de risques ». En interne, la communication contradictoire des différents gouverneurs de la Fed, peut amener de la confusion auprès des investisseurs. Néanmoins, la communication avancée des banques centrales est appréciée des marchés, notamment par Goldman Sachs qui estime que « les banquiers centraux ont eu de la réussite avec la communication de leur politique monétaire ».

Outre-Atlantique, les investisseurs émettent toujours des doutes sur les capacités de l’administration Trump à faire passer la réforme fiscale promise aux marchés. Le voile n’est toujours pas levé sur l’allègement de la fiscalité sur les entreprises (promesse ou chimère de Donald Trump ayant contribué, toutefois, à l’ascension des marchés depuis un an !). La Chambre des représentants doit se réunir sur le projet de réforme fiscale mais aucun indice n’est encore palpable pour affirmer si un compromis avec les sénateurs peut être trouvé pour combler leurs divergences.

Tiraillé entre les signes de tension au Moyen-Orient et l’annonce d’une hausse du nombre de puits en activité aux Etats-Unis (préfiguration d’une augmentation des pompages ?), le marché pétrolier est toujours hésitant.