lettreinfo295

Au temps de l’Avent, les coqs chantent par tous les temps.

Alors que la frénésie de Noël s’est accélérée aux lendemains de Thanksgiving et des promotions démentielles des Black Friday et Cyber Monday, force est de constater que le traditionnel rally de fin d’année semble bien se manifester une nouvelle fois.

A plus de 24 000 points, c’est la cinquième fois que le Dow Jones franchit un millier cette année, porté notamment par l’enthousiasme des marchés à l’idée de l’approbation de la réforme fiscale à venir. Le ralliement du sénateur John McCain au projet de réforme fiscale au projet des républicains n’est pas encore décisif mais est accueilli avec soulagement par les marchés. Souvenons-nous de la contribution du sénateur à l’échec de l’abrogation du système d’assurance (Obamacare) voulu par Donald Trump. De 35% à 25%, l’abaissement de l’impôt sur les sociétés pourrait gonfler les bénéfices des entreprises de 6.5% selon les estimations. Malheureusement, les républicains n’ont pas trouvé d’accord commun quant à ce projet de réforme, promesse de campagne du président élu. Le leader de la majorité, Mitch McConnell a reporté le vote, porté par la volonté de 3 sénateurs républicains de demander à ce que les impôts soient revus à la hausse si les objectifs de revenus ne sont pas atteints afin de ne pas creuser davantage le déficit budgétaire.

Wall Street profite aussi de la prolongation de l’accord entre l’Opep et la Russie sur une limitation de la production de pétrole (les deux protagonistes produisent ensemble plus de 40% du pétrole mondial). La Russie redoute que les investisseurs craignent une pénurie de pétrole, ce qui ferait grimper trop brusquement les cours et inciterait les producteurs américains de pétrole de schiste (qui ne sont pas concernés par cet accord) à augmenter leur offre et gagner de nouvelles parts de marché. Moscou n’est pas Ryad et n’a pas besoin de cours élevés du baril pour équilibrer son budget à l’inverse du royaume qui cherche à dégonfler son déficit budgétaire en introduisant en bourse Aramco, sa compagnie publique, en 2018. La valorisation du géant pétrolier bénéficierait d’un prix du marché le plus haut possible. Khalid al Falih, ministre saoudien de l’énergie, annonce que l’Opep et ses partenaires se sont donc entendus pour prolonger pendant neuf mois l’accord de production de 1.8 millions de barils par jour, à l’exception du Nigéria et de la Lybie qui ont une production cumulée limitée à 2.8 millions de barils. En raison de troubles sur leurs territoires débouchant sur des productions inférieures à la normale, ces deux pays bénéficiaient jusque-là d’une dérogation.