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Demain, du ventre du temps, surgira une année nouvelle, nous dit Njabulo S. Ndebele, un poète Sud-Africain. Et si 2017 s’apprête à finir, spectatrice privilégiée du bal final des banques centrales, elle marque un tournant tant l’accélération de la croissance et la dissipation du risque inflationniste ont entrainé les institutions monétaires à préparer leur sortie en 2018.

Un véritable scénario hollywoodien se déroule au cœur du nouveau monde, où la réforme fiscale continue de tenir les marchés en haleine après de nouveaux rebondissements. Alors que la victoire démocrate lors de l’élection sénatoriale de l’Alabama a rendu encore plus urgente son adoption (crédibilisant le scenario de son passage avant la fin de l’année), plusieurs sénateurs républicains sortent du bois à la dernière minute et tentent de monnayer leur vote. Conscients de la nécessité absolue pour leur parti de voir la reforme aboutir avant, ces derniers tentent d’obtenir des inflexions dans le texte final prompts à satisfaire les attentes de leurs électeurs. Face à ce revirement de dernière minute, quelques inquiétudes sont réapparues sur les marchés financiers avec un léger décrochage des indices actions US. Mais les sénateurs prendront-ils le risque de ne pas voter en faveur du texte la semaine prochaine et d’assumer par là même le fardeau de son échec, une fois la majorité républicaine réduite à 51 sièges sur 100 ?

La Fed, elle, maintient son cap et relève comme attendu ses taux directeurs de 25bp, tout en se montrant tout à coup plus prudente dans son degré de confiance quant à la capacité de l’inflation à remonter et atteindre la cible des 2%. Yellen et Powell ont d’ailleurs reconnu manquer d’explications probantes à ce sujet. Si les choses restent en l’état et constituent à un certain stade un frein à la poursuite de la hausse des taux, ce sera désormais au pragmatique Powell d’agir en conséquence.

Sur le vieux continent, le bal des banques centrales se poursuit, chacune parée pour l’occasion d’une indéboulonnable confiance dans la croissance, ouvrant ainsi la porte à une réduction du caractère accommodant des politiques monétaires en 2018. Afin de ne pas créer trop de volatilité sur les conditions financières, les institutions ont ancré dans leur communication les attentes des marchés et l’ensemble des réunions de politique monétaire n’a pas réservé de surprise.

En Grande Bretagne par contre, Theresa May fait désormais face au plus difficile concernant le Brexit : La Chambre des communes, malgré l’avis du gouvernement, a souhaité avoir un droit de regard sur l’accord final de sortie. Les contours flous des consensus trouvés vendredi dernier sur la question de la frontière nord-irlandaise, notamment, présagent un probable alignement réglementaire entre le Royaume-Uni et l’UE. Ce « flou » volontairement entretenu pourrait à terme, coûter à T. May le soutien de la frange dur des Brexiter et celui de son partenaire Nord-irlandais, le DUP. C’est donc finalement dans l’esprit des fêtes de fin d’année, propice à la bienveillance, que la Première ministre britannique a reçu les applaudissements réconfortants de la part de ses pairs à Bruxelles, satisfaits des progrès réalisés dans les discutions, lors du 1er jour du Conseil Européen.