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Silence, on tourne ! Après un début d’année en fanfare, la bourse de New York a connu son premier coup d’arrêt.

Sur la lancée de 2017, le S&P 500 et le Nasdaq ont jusqu’à mercredi clôturé à des niveaux record, favorisés par l’optimisme des investisseurs alimenté par la récente réforme fiscale, la bonne conjoncture mondiale et l’anticipation d’une solide croissance des résultats des entreprises. Les méfiances de la Chine vis-à-vis des bons du Trésor américain, dans le cadre de la gestion des réserves de change, semblent avoir été un bon alibi pour prendre des bénéfices. L’inflation chinoise a accéléré moins que prévu en décembre (4.9% vs 5.8% en novembre – 6.3% sur l’année), les prix à la production enregistrant leur rythme de croissance le plus faible en 13 mois en raison des mesures prises par Pékin pour lutter contre le smog hivernal. Inspirer…expirer ! Dopés d’optimisme, les marchés se préparent à la saison des résultats trimestriels. JP Morgan Chase et Wells Fargo donnent le coup d’envoi de ce bal ce vendredi. En Europe, l’automobile affiche la plus forte progression sectorielle dans un contexte très favorable aux valeurs cycliques, la production industrielle allemande étant meilleure qu’attendu en 2017.

Au Moyen-Orient, Saudi Aramco négocie des milliards de dollars auprès de banques soucieuses de renforcer leur coopération avec le géant pétrolier avant son IPO. Citigroup, Standard Chartered et Sumitomo Mitsui Banking conseillent dans la recherche crédit (jusqu’à 6 milliards de dollars). Ainsi, les prêts garantis n’offrent qu’un intérêt minime (moins de 1% par an) mais permettraient aux banques prêteuses de se positionner jusqu’à 5% dans le capital du pétrolier saoudien, ce qui pourrait valoriser jusqu’à 2000 milliards de dollars le géant de Riyad.

La BoJ a créé la surprise en début de semaine en annonçant une diminution de ses achats d’obligations à long terme dans le cadre de ses opérations de marché. Cela a relancé les spéculations sur une éventuelle diminution du soutien monétaire de la banque centrale nipponne cette année. Cette décision permet au yen de s’apprécier et favorise la remontée du rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, au plus haut depuis mars 2017, sur fonds de rumeurs des suspensions d’achats par la Chine de Treasuries. Le rendement des Treasuries a été amplifié dans le sillage des rendements des emprunts d’Etat de la zone euro, lesquels progressent après l’annonce de la BCE d’un éventuel ajustement de son discours monétaire en début d’année. Sur le marché des changes, l’euro repasse la barre des 1.20 dollar après cette année.

Enfin, à défaut d’un accord sur les services financiers, Nigel Farage, britannique à l’origine du Brexit, prône un Brexit pur et dur si Bruxelles rejette l’accord sur les marchés financiers. Suite à l’échange avec Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, il en résulte que Bruxelles est prête à proposer un accord de libre-échange sur marchandises une fois le divorce effectif mais réticents à ouvrir leurs marchés au secteur britannique des marchés financiers. Si aucun accord n’est finalement trouvé, placer les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE sous régime du droit commercial commun correspondrait à un Brexit dur, et non un divorce négocié. Mariage à l’anglaise, divorce à l’européenne ?