lettreinfo303

« L’arbre tient bon, le roseau plie.

Le vent redouble ses efforts,

et fait si bien qu’il déracine

celui de qui la tête au ciel était voisine »

Retranscrire cet extrait du Chêne et le roseau de La Fontaine trouve son sens aujourd’hui dans des marchés qui ont laissé croire à une capitulation.

 

Alors que les marchés américains ont perdu près de 2% en début de semaine, les investisseurs ont commencé à redouter un revirement de situation. On ne peut pas croire à une capitulation des marchés car il aurait fallu que les investisseurs vendent ce qui a le plus de beta afin d’amortir les pertes, puis vendre les valeurs liquides et vendre ensuite les positions principales. Le Russell 2000, symbole des petites et moyennes capitalisations, a moins monté que le S&P 500, tandis que les FANG continuent de progresser. L’heure n’est pas à l’alarmisme mais à l’attentisme, même si le VIX a progressé de 31% depuis le début de la semaine. Cela s’explique par le fait que les investisseurs ne sont pas protégés contre une baisse des indices, ce qui signifie qu’ils ont besoin d’acheter des options et vendre des actions si besoin.

 

Alors que les marchés se préparent aux flux de fin de mois, le montant des fusions acquisitions annoncées en ce début d’année atteint déjà les 196 milliards de dollars, ce qui laisse à croire que les marchés ont sous-estimé l’impact de la réforme fiscale sur les stratégies des entreprises.

Ce sont plutôt les marchés obligataires qui attirent les regards, les rendements obligataires étant en perpétuelle hausse. L’élan protectionniste américain ne devrait pas peser sur la macroéconomie mais une hausse de l’inflation viendrait perturber cet environnement porteur. Toutefois, une hausse trop rapide de l’inflation serait interprétée comme un retard de la Fed, ce qui pourrait inverser la tendance sur le marché des changes où le dollar continue de se déprécier.

 

Sans surprise, la Fed a laissé ses taux inchangés tout en ajoutant qu’elle anticipait un renchérissement de l’inflation en 2018, laissant la porte ouverte à un tour de vis supplémentaire en mars prochain. L’institution de Philadelphie a évoqué des améliorations notables en matière d’emploi, de dépenses des ménages et d’investissements, et par conséquent une croissance modérée de l’économie du pays. L’inflation devrait être en hausse et se stabiliser autour de l’objectif de 2%. Cette réunion de la Fed était la dernière pour Yellen avant de laisser la main à Jerome Powell qui a étroitement collaboré avec elle ces dernières années en tant que gouverneur. La fourchette du taux d’intervention (Fed Funds) a été maintenue à 1,25% – 1,50% après avoir été relevée d’un quart de point en décembre dernier.