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« Le Brexit est aussi votre problème, aidez-nous à l’éviter » s’exprime Tony Blair à l’Union Européenne alors que Theresa May doit prononcer un discours attendu sur la position britannique.

 

A l’approche des élections italiennes, force est de constater que trois forces principales vont se disputer les voix des électeurs italiens : une coalition de centre gauche, une coalition de centre droit et le mouvement 5 étoiles. Populiste, le MS5 (30% d’intentions de vote) n’a pas vraiment de ligne politique distincte, ne se revendique ni de gauche, ni de droite, rejette l’élite au pouvoir mais surtout rejette toute alliance, permettant à la coalition de centre-droit (38% d’intentions de vote) de le détrôner. Toutefois, les divergences au sein d’une éventuelle coalition de droite entre Berlusconi (centre droit) et la ligue (affilié au front national au parlement européen) auront du mal à s’entendre. Si aucune majorité ne se détache, le gouvernement actuel pourrait rester en place à moins que le président italien forme un nouveau gouvernement en forçant une nouvelle alliance entre les partis de Berlusconi et de Renzi. Enfin, tiraillés entre le cœur et la raison, les membres du SPD en Allemagne votent jusqu’au 2 mars pour ou contre la participation de leur parti à un gouvernement de coalition avec la CDU/CSU d’Angela Merkel. Contraignant pour la direction du SPD (Martin Schulz a démissionné), ce vote est capital pour l’Allemagne qui n’a pas de nouveau gouvernement depuis les élections législatives du 24 septembre dernier. Un non serait synonyme d’instabilité pour la première économie européenne.

 

En début de semaine, à l’approche des premières déclarations de Powell, nouveau gouverneur de la Fed, la vision des marchés est partagée. D’une part, pour Blackrock, les marchés sont tirés par les révisions à la hausse des prévisions de bénéfices des entreprises américaines sans que les valorisations ne gonflent. D’autre part, d’autres gérants comme Russell considèrent que la politique fiscale va relancer l’inflation, augmenter le déficit américain et remonter les rendements obligataires. Toutefois, les inquiétudes sur l’inflation n’ont pas lieu d’être. La corrélation entre les actions et les obligations observée en février est typique d’une période de marchés haussiers, loin des scenarii observés en 2000 et 2007. Au final, les premières déclarations de Jerome Powell laissent les marchés perplexes. Alors qu’il a réitéré un objectif de remontée progressive des taux d’intérêts, sa volonté de contrôler l’inflation a ravivé les craintes d’un rythme plus soutenu. Les marchés anticipent désormais 4 hausses de taux cette année contre 3 estimées. Les marchés interprètent un resserrement de 25 bps par trimestre dès la prochaine réunion de fin mars, l’économie montrant des signes d’amélioration depuis décembre selon Powell. Conséquence : les taux 10 ans et le dollar ont remonté.

 

Le marché du pétrole se dirige vers sa première baisse mensuelle en six mois. La reprise du début d’année s’essouffle en raison des craintes grandissantes suscitées par l’essor de l’offre américaine de gaz de schiste. La perturbation des approvisionnements en Libye et la poursuite des turbulences au Venezuela ont participé à soutenir les prix mais la hausse de 3 millions de barils des stocks américains pourrait enrayer la stratégie de l’OPEP consistant à réduire la production.