lettreinfo308

 

« Ja zur Groko » – « Che bordello » titrent les presses allemande et italienne.

Oui à la « Große Koalition » – titre se passant de traduction, le bilan électoral est en demi-teinte pour l’Europe.
D’une part, l’Allemagne met fin à cinq mois d’imbroglio post-électoral depuis la victoire d’Angela Merkel aux législatives, mais en quête d’un gouvernement, grâce au oui des membres du SPD pour une coalition avec la CDU.
D’autre part, la convalescence politique de l’Italie stagne au vu des résultats des élections législatives. Aucune majorité parlementaire n’émerge. Seul le Mouvement 5 étoiles frappe un grand coup avec plus de 30% des voix. La promesse d’un changement de système s’impose comme la force majeure de l’échiquier politique italien. Aucun vainqueur absolu ne se dégage au lendemain des élections italiennes, la victoire revient au vote anti-système (M5S et la Ligue du Nord). Deux scenarii se dessinent. Premièrement, la première voie serait celle d’une majorité pilotée par le M5S qui cherchera à soumettre les autres partis à « un contrat de gouvernement » semblable aux allemands avec soit une alliance avec la Ligue du Nord, difficilement acceptable pour Matteo Salvini, soit un accord avec le PD dont Mattero Renzi vient de démissionner. Deuxièmement, la majorité pourrait être pilotée par le centre droit qui cumule près de 37% des voix, et serait dirigée par la Ligue du Nord (les alliés désirant que Matteo Salvini ne soit pas premier ministre), auquel s’opposerait le M5S (mais il est difficile de le considérer comme l’opposition alors qu’il a recueilli plus de 30% des voix lors de ce scrutin)! En somme, la majorité gouvernementale se révèle être une tâche ardue, la campagne électorale cédant la place à l’ouverture de la législature. Le ton utilisé par Luigi di Maio, leader du M5S, est conciliant au sujet de l’Europe, et limite donc la déception. La longue période de tractation, nécessaire à la formation d’un gouvernement de coalition, servira à calmer la nervosité. Ces consultations populaires confortent l’idée d’une contestation voire d’une rupture franche des partis traditionnels depuis 2016 dans une Europe qui a un besoin de repenser son exécutif, largement contesté depuis le Brexit, lequel demeure une impasse pour Theresa May qui reconnaît devoir faire des concessions.

Outre-Atlantique, le conseiller économique de la Maison Blanche, Gary Cohn, a démissionné mardi alors qu’il n’a pas pu dissuader Donald Trump de revoir son projet de taxes sur les importations américaines d’acier et d’aluminium. Farouche opposant du protectionnisme, il a été l’un des principaux artisans de la réforme fiscale adoptée par l’administration Trump en décembre. Après les taxes à l’importation sur l’acier, les craintes d’une escalade dans la guerre commerciale se font de plus en plus vives.

La Banque centrale européenne (BCE) a confirmé jeudi sa politique monétaire ultra-accommodante mais a renoncé à son engagement à augmenter si nécessaire le montant mensuel de ses rachats d’actifs, effectuant ainsi un petit pas vers l’arrêt de cette mesure non conventionnelle. La BCE maintient qu’elle pourrait prolonger ces rachats au-delà de septembre 2018, date à laquelle ils sont pour l’instant censés prendre fin, mais elle a supprimé dans son communiqué la formule selon laquelle elle pourrait en augmenter le volume, actuellement de 30 milliards d’euros par mois.