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« Une hirondelle ne fait pas le printemps » Valet prosaïque, Sancho Panza analyse sensément et modérément la réalité qui s’offre à lui contrairement à son maître, Don Quichotte, qui a un esprit imaginatif, voire idéaliste.

Loin d’être une surprise, le président Poutine a été réélu avec 76% des voix pour 67% de taux de participation. Tant le processus électoral russe est dénaturé de concurrence dans la Russie d’aujourd’hui, ses adversaires n’avaient qu’un statut formel. Cette élection, référendum de soutien à Vladimir Poutine, s’est révélée plutôt être une bataille entre le Poutine de 2018 et celui de 2012. Les tensions à l’intérieur (baisse du niveau de vie de la classe moyenne) et à l’extérieur (relations abîmées entre l’Occident et la Russie) sont plus au centre des préoccupations du leader russe, que dans son programme (inexistant) , mais force est de reconnaître qu’il est le rempart contre le chaos et le « maïdan » russe.

A l’issue de la première réunion de politique monétaire conduite par Jerome Powell, la Fed a signalé que l’inflation devrait finalement accélérer, alors que cette dernière évolue encore sous le seuil des 2% et que l’économie a gagné en dynamisme. La Fed a donc relevé ses taux d’intérêt à une fourchette entre 1.50% et 1.75%, et prévoit encore a minima deux autres hausses cette année, la réforme fiscale et les dépenses publiques devant stimuler la croissance et l’inflation.

La décision de Donald Trump d’instaurer des droits de douane sur certaines importations chinoises, relançant les craintes d’une guerre économique mondiale, a fait chuter les principales bourses mondiales de manière similaire à celle du 8 février dernier. 60 milliards de dollars d’importations chinoises sont à présent assujetties à ces taxes, soit 1300 produits. L’Union Européenne échappe pour le moment à cette sanction. Pékin répond à Washington avec un dévoilement de 3 milliards de dollars de droits de douane sur des importations américaines (porc, aluminium, acier, fruits et vin). A la bourse de Tokyo, les valeurs exposées à la Chine ont souffert. Les exportateurs ont été pénalisés par la vigueur du yen. Au plus haut depuis novembre 2016, le yen s’apprécie de 0.5% à 104.635 yen pour un dollar, jouant pleinement son rôle de valeur refuge. Le rendement des Treasuries à 10 ans est repassé sous 2.83% alors qu’il avait dépassé 2.98% mercredi après le communiqué de politique monétaire de la Fed.

Enfin, du côté des fusions-acquisitions, RWE et E.ON annoncent qu’il n’y a pas de projet de fusion, rejetant ainsi toute idée de monopole sur le marché de l’énergie. Chacun se spécialise dans des champs différents du marché allemand de l’énergie en s’échangeant des actifs et démantelant Innogy (filiale de RWE dans les réseaux et énergies renouvelables). RWE a pris une participation financière de 17% dans E.ON, que le groupe n’a pas vocation à conserver éternellement.