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Les marchés américains enregistrent enfin trois séances positives depuis quasiment un mois. Sur fond d’apaisement des craintes de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, l’esprit des investisseurs commence à se tourner vers la saison des résultats trimestriels d’entreprises débutant la semaine prochaine par les grandes banques de Wall Street.

L’administration américaine a proposé des hausses de tarifs douaniers pour 50 milliards de dollars sur 1300 produits fabriqués en Chine, notamment les produits de haute technologie (semi-conducteurs, batteries au lithium), le textile ayant été retiré de la liste. Pékin a condamné la décision de taxes de 25% sur ces produits. La volonté de Washington est que la Chine change ses règles au sujet du transfert de technologie lorsque les entreprises américaines gagnent un contrat en Chine.  Le ton a changé au cours de la semaine, la Maison Blanche précisant que les tarifs annoncés ne sont que des propositions et leur entrée en vigueur se ferait au plus tôt dans 60 jours. Alors que les administrations des deux pays tentent de se rapprocher, Donald Trump a demandé aux siens de rajouter $100 mds de tarifs douaniers supplémentaires sur les produits chinois marquant une nouvelle escalade. Cela est plutôt interprété comme une tactique de négociation de la part du président américain pour pouvoir négocier plus confortablement. Ces 100 milliards se réfèrent au montant total des importations, précise Washington, et non des taxes additionnelles. L’indice CBOE de la volatilité, baromètre de l’aversion au risque, est retombé sous 19, soit un plus bas de deux semaines, en repli de 5%.

Du côté des géants de la technologie, dont le modèle économique a paru menacé par la perspective d’un durcissement de la réglementation, le soulagement est de mise. Principal soutien du S&P 500 et du Nasdaq, Amazon progresse de +2.92% ce jeudi. Facebook est en hausse de +2.73%, en assurant que le réseau social n’avait constaté aucun impact significatif du scandale lié au détournement des données de plusieurs millions d’utilisateurs. Le scandale du Cambridge Analytica a fait fondre la capitalisation boursière du groupe de 77 milliards de dollars en 13 séances.

Les entreprises de la zone euro ont terminé le premier trimestre 2018 sur une croissance moindre qu’au premier trimestre 2017, conséquence d’une météo peu clémente et d’un euro fort. Le PMI européen, au plus bas depuis août dernier, reste toutefois supérieur à sa moyenne de long terme et dépasse pour le 21° mois consécutif le seuil de 50 qui distingue croissance et contraction de l’activité. L’activité dans le secteur des services a progressé en mars à un rythme, faible depuis juillet 2016, en raison de perturbations météorologiques et de dépenses des ménages moindres.

L’accalmie sur le front commercial a profité au dollar qui a atteint des plus hauts de trois semaines face au yen et de 10 semaines face au franc suisse. Le regain d’appétit pour le risque chez les investisseurs a aussi fait grimper les rendements des emprunts du Trésor américain, le taux 10 ans remontant à 2.83%.