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Guerre froide 2.0

 

Strobe Talbott, ancien secrétaire d’Etat adjoint des Etats-Unis, pense que la situation entre les Etats-Unis et la Russie est assez grave du fait de l’absence de discussion pour atténuer le risque d’un conflit ouvert. Le dépérissement et l’obsolescence de traités entre les deux protagonistes au lendemain de la fin de la Guerre Froide n’incluent pas de nouveau champs comme le nucléaire. Malgré les multiples conventions de Genève, la surenchère dans la course à l’armement est bel et bien là. L’aversion au risque déclenchée mercredi par le tweet de Donald Trump « Missiles will be coming » a toutefois été modérée par le même protagoniste.

 

L’entame de la saison des résultats trimestriels pourrait refléter les premiers effets positifs de la réforme fiscale aux Etats-Unis sur les bénéfices des entreprises américaines. Combinée à l’annonce d’une baisse des inscriptions hebdomadaires, les marchés américains finissent dans le vert après quatre séances de baisse. Le consensus s’attend à ce que les bénéfices trimestriels des entreprises du S&P 500 grimpent de 18.5% par rapport au T1 2017, ce qui serait leur plus forte hausse en sept ans.

 

En Europe, la BCE a déclaré soutenir les propositions d’intégration du Mécanisme Européen de Stabilité (organisme intergouvernemental proposé par les 19 pays de la zone euro) dans la législation européenne. De nouvelles réformes sont nécessaires. L’élargissement du mandat pour le fonds de sauvetage de la zone euro renforcerait la stabilité financière de l’Union Européenne, fournirait un financement plus rapide aux Etats membres en cas de crise et apporterait le soutien nécessaire pour la trésorerie de banques défaillantes si elles sont liquidées. Jens Weidmann, candidat potentiel à la succession de Mario Draghi et actuel président de la Bundesbank, a vite réagi à la décision de la BCE et se dit sceptique du fait du risque de perte de contrôle du MES. Il serait plutôt en faveur d’un élargissement du rôle du MES dans la prévention des crises, via un rôle de surveillance des budgets des Etats membres et de coordination pour la restructuration ordonnée des dettes souveraines.

 

Après cinq années de croissance continue dans la zone euro, la BCE cherche la meilleure façon de sevrer progressivement le bloc de sa politique d’argent facile et préparer les investisseurs à une normalisation de la politique monétaire, dix ans après la crise financière. Le risque d’une guerre commerciale avec les Etats-Unis et l’impact négatif que pourrait avoir la fermeté de l’euro restent deux sujets pour l’institution, qui qualifie les taux de change de source d’importante inquiétude. Le programme de rachat d’obligations a fait baisser les coûts d’emprunt, relancer la croissance et contribuer à prévenir un possible risque de déflation. Inférieure à l’objectif de 2% fixé par la BCE, l’inflation est susceptible de pouvoir se reprendre, ce qui devrait permettre à celle-ci de réduire son programme de soutien à la croissance et attendre une accélération de la hausse des prix.