lettreinfo319

1957-2018 ?

Plus de 60 ans après sa ratification, le traité de Rome et ses idéaux sont plus que contestés dans l’une des nations pilier de l’Union Européenne qui souffre d’un décrochage affectif entre les citoyens et les institutions européennes considérées comme lointaines et peu attentives aux diverses sensibilités de l’Union.

En Italie, après trois mois d’incertitude politique le M5S et la Ligue sont parvenus à former un gouvernement avec un programme de lutte contre l’immigration et de contestation des règles budgétaires européens. Di Maio (M5S) et Salvini (Ligue) ont réussi à relancer leur alliance après s’être mis d’accord sur un ministre de l’Economie, Giovanni Tria, susceptible d’être accepté par le président de la République Sergio Mattarella lequel avait mis son veto au choix de l’eurosceptique Paolo Savona. Pour la seconde fois en huit jours, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, professeur de droit peu connu et sans expérience électorale, proche du M5S mais affilié à aucun parti, présentait sa liste de ministres avec Di Maio à la tête d’un nouveau ministère renforcé combinant les portefeuilles de l’Industrie et du Travail, Salvini à l’Intérieur, Tria à l’Economie. Ce dernier a critiqué la gouvernance économique de l’Union Européenne mais à la différence de Savona, il ne préconise pas de plan B pour sortir de l’euro mais appelle à un changement dans les règles budgétaires de l’UE pour permettre aux investissements publics de soutenir la croissance. Too big to fail, l’Italie est endettée à plus de 130% de son PIB et est le pays le plus endetté de la zone euro après la Grèce. Le dénouement possible du casse-tête politique italien a eu pour conséquence de détendre les taux locaux, le « 10 ans » italien passant sous la barre des 3% après l’annonce d’un nouveau gouvernement (3.16% au plus haut de la semaine avant la déclaration commune de Di Maio et Salvini).

Au pouvoir depuis 6 ans, le gouvernement Rajoy est susceptible d’être renversé par le socialiste Pedro Sanchez car affaibli par la condamnation de son parti (PP) pour corruption (affaire Gürtel). Avec plus de 180 voix sur 350, le socialiste a formé une alliance avec les députés de Podemos, les indépendantistes catalans et les nationalistes basques. Le « 10 ans » espagnol se détend à l’approche de la motion de censure (la quatrième depuis le retour à la démocratie) et repasse sous la barre des 1.50% après avoir touché 1.60% au plus haut de la semaine.

La production de pétrole de l’Opep a touché en mai un creux de 13 mois en raison d’une baisse des extractions au Venezuela, de perturbations au Nigeria et d’une réduction de l’offre par les autres pays nettement supérieure aux objectifs qui leur sont assignés. L’OPEP a extrait 32 millions de barils par jour en mai, soit 70000 barils de moins par rapport à avril, soit la production mensuelle la plus faible depuis avril 2017. Le Nigeria enregistre la plus forte baisse en mai, la production subissant des perturbations qui amènent Royal Dutch Shell a déclaré un cas de force majeure sur les exportations de brut de Bonny Light. Le Venezuela connaît la deuxième plus forte baisse en raison de la crise économique que traverse le pays, et l’Iran a légèrement fléchi subissant le contre-coup de la décision des Etats-Unis de rétablir des sanctions contre Téhéran.