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En-dehors de toute légitimité démocratique, la 66° édition du cercle Bilderberg se tient ces jours-ci et prend des décisions stratégiques essentielles pour la gouvernance de la planète. Né en 1954 à l’hôtel Bilberberg d’Oosterberg (Pays-Bas) à l’invitation du prince Bernhard et David Rockefeller, mais aussi à l’initiative de la CIA et du MI6 pour contrer la menace communiste, le sommet présidé cette année par Henri de Castries, est souvent décrié pour son caractère antidémocratique et l’orchestration de la mondialisation économique.

Après l’entrée en fonction officielle du nouveau gouvernement italien, éloignant à court terme le risque de déstabilisation de la zone euro, force est de constater que l’actualité politique a occulté les tensions commerciales qui ont conduit l’Union Européenne à engager une procédure devant l’OMC contre les sanctions américaines concernant l’acier et l’aluminium.

Outre-Atlantique, la publication des chiffres du chômage américain (3.8%, soit le plus bas niveau depuis 18 ans) rassure les marchés avec 23000 emplois créés en mai et relève la probabilité estimée d’une quatrième hausse des taux cette année de 32% à 36% après celle de mars et celles attendues en juin et septembre.

En Europe, la BCE a racheté en mai pour 3.6 milliards d’euros d’emprunts du Trésor italien et 4.2 milliards d’euros de titres français dans le cadre de son Quantitative Easing, soit des montants inférieurs d’environ 8% à ce que prévoient les règles de répartition de la BCE. Cet écart s’explique par la nécessité de racheter davantage de titres émis par l’Allemagne dont un montant élevé d’obligations arrivées à échéance en avril. En agissant ainsi, la BCE s’efforce de démentir les accusations italiennes selon lesquelles elle aurait acheté moins de dette italienne pour avoir un poids sur la composition du nouveau gouvernement italien. Rappelons que le président Mattarella avait refusé de valider la nomination de l’europessimiste Savona au ministère de l’Economie. Toutefois, le protagoniste hérite du ministère des Affaires Etrangères…La BCE a acheté pour 6.9 milliards d’euros d’obligations allemandes en mai pour compenser le faible montant d’avril qui était le plus bas depuis le lancement du programme.

A l’approche du discours de la BCE le 14 juin prochain, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, juge plausibles les anticipations d’un arrêt d’ici la fin de l’année des achats d’obligations.  Lancé en 2015, le programme d’assouplissement quantitatif, avec un montant global supposé de 2550 milliards d’euros, a permis d’éloigner définitivement la menace de déflation tout en soutenant la croissance. Mario Drahi a évité jusqu’à présent toute discussion formelle sur le démantèlement du programme dans l’attente de nouveaux éléments confirmant la remontée de l’inflation dans la zone euro vers l’objectif d’un peu moins de 2% fixé par la BCE. Les marchés monétaires anticipent désormais une probabilité de 70% d’une hausse de taux de la BCE en juin 2019, et 90% pour juillet 2019.