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« Les performances individuelles, ce n’est pas le plus important. On gagne et on perd en équipe ». Alors que le coup d’envoi de la coupe du monde de football est lancé, Zidane nous rappelle avec humilité l’importance de la cohésion. Tribune de l’universalité, le football assume une sorte de fonction cathartique pour des foules communiant pour des passions chauvines.

En Europe, comme prévu, la BCE a annoncé réduire ses achats d’actifs (de 30 milliards € mensuels à 15 milliards) à partir d’octobre puis les arrêtera définitivement fin décembre. Toutefois, elle a surpris les marchés en annonçant que les taux d’intérêt resteraient inchangés « au moins jusqu’à la fin de l’été 2019 » alors qu’ils tablaient sur un premier relèvement au printemps ou en juillet 2019. Le discours de la BCE a eu pour effet de faire baisser l’euro qui passe sous la barre des 1€=1.16$ pour la première fois depuis fin mai. La faiblesse de la devise et le maintien prolongé d’une politique de taux accommodante ont dopé la quasi-totalité des secteurs. Seules les banques voient s’éloigner la perspective d’une remontée du coût du crédit propice à une amélioration de leurs marges. L’arrêt programmé sur une courte période des achats nets d’actifs signifie que les taux d’intérêt vont redevenir son principal outil de politique monétaire.

Les décisions de la BCE interviennent au lendemain d’une nouvelle hausse des taux de la Fed, la septième depuis fin 2015, qui a renoncé au pilotage de crise des anticipations du marché sur sa politique monétaire. L’institution de Philadelphie a donc relevé d’un quart de point la fourchette cible de son taux entre 1.75% et 2.0%. Jerome Powell a renoncé à son engagement de maintenir les taux à un niveau suffisamment bas pour stimuler l’économie tout en manifestant son intention de tolérer une inflation supérieure à l’objectif de 2% au moins jusqu’en 2020. Actuellement à un plus bas de 18 ans à 3.8%, le chômage pourrait encore tomber à 3.6% cette année. La Fed continue de qualifier sa politique d’accommodante avec des hausses de taux graduelles justifiées par une économie qui entre dans sa dixième année consécutive de croissance.

A une semaine des élections législatives anticipées du 24 juin en Turquie, le PIB turque a augmenté de 7.4% en glissement annuel au premier trimestre 2018. De bon augure pour le président Erdogan et son parti, l’AKP, ce chiffre contraste avec la faiblesse de la devise. Cela s’explique par les craintes liées à l’influence croissante du président sur sa politique monétaire, et par les doutes sur la capacité de la banque centrale à contenir une inflation à deux chiffres. Cette dernière a donc relevé son principal taux d’intérêt directeur à deux reprises de 4.25 points depuis fin mai, le portant ainsi à 17.75%.  « Ennemi des taux d’intérêt » autoproclamé, le président turc plaide pour une baisse des coûts d’emprunt pour stimuler la croissance du crédit et le secteur du BTP.