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« Le triomphe du collectif sur les étoiles » titre la presse argentine. Fans de football ou non, il est difficile de ne pas apprécier l’euphorie qui anime la France, unie derrière ses Bleus, depuis sa victoire face à l’équipe croate.

L’optimisme autour de la saison des résultats aura été de courte durée, les marchés américains décrochent jeudi après plusieurs séances consécutives de hausse. En hausse trois journées d’affilée, le dollar a atteint jeudi un pic d’un an face à un panier de devises de référence, porté par la confiance affichée par la Réserve fédérale dans la vigueur de l’économie. L’appréciation du dollar, remonté face à l’euro, pèse sur les cours de métaux (craintes pour la demande chinoise) et est intégrée comme risque pour les entreprises américaines très présentes à l’international. Netflix affirme que le dollar fort a impacté ses résultats et à l’image d’autres multinationales elle réévalue ses stratégies de couverture contre les variations des taux de change.

L’escalade des tensions commerciales continue de cristalliser le libre-échange. La Commission européenne dispose déjà d’une liste de contre-mesures au cas où les Etats-Unis imposent des droits de douane sur les automobiles européennes. Des droits de douane de25% sur les voitures importées aux Etats-Unis pénaliserait le secteur automobile international et entraînerait la perte de centaines de milliers d’emplois. La Fed formalise son inquiétude face à l’impact du conflit commercial dans son Livre beige publié mercredi. Le 25 juillet prochain, Donald Trump et Jean-Claude Juncker se rencontrent à Washington pour échanger au sujet des importations automobiles. La plus forte baisse sectorielle en Europe revient à l’indice Stoxx des ressources de base qui chute de 1.59%. Au point mort, les négociations sino-américaines alimentent les craintes d’un approfondissement du conflit et pèsent sur les cours des métaux de base car la Chine en est le premier consommateur mondial. En cette période de l’année où les constructeurs automobiles américains ferment leurs chaînes de production, les inscriptions hebdomadaires au chômage reculent de manière inattendue aux Etats-Unis à un creux de plus de 48 ans, signe de la robustesse du marché du travail.

Suite à la publication de résultats trimestriels inférieurs aux attentes, les financières sont à la peine. Elles souffrent d’autant plus de l’aplatissement de la courbe des rendements obligataires. Sur le marché obligataire, le rendement du T bond 10 ans est remonté à un plus haut de trois semaines à 2.897% en séance fléchissant à 2.849% au final ce jeudi. Le rendement du T bond 2 ans a atteint un plus haut depuis août 2008 à 2.632%. L’écart de rendement entre les 2 ans et 10 ans s’est resserré au plus bas à 25,10 bp tout près du spread de 23.4, le plus faible depuis juillet 2007.

En Europe, malgré le ralentissement de l’activité, la BCE relèvera ses taux directeurs au second semestre 2019. Les prévisions de croissance pour la zone euro sont de 2.1% pour cette année, 1.8% en 2019 et 1.6% en 2020 (versus 2.2%, 1.9% et 1.7% lors des prévisions de juin). Conséquence de l’aggravation des tensions commerciales, ces abaissements de prévisions de croissance s’appliquent aussi à l’Allemagne où on table 2.0% de progression du PIB pour 2018 et 1.9% en 2019 contre 2.4% et 2.0% respectivement estimés en avril. Toutefois, le taux de dépôt de la BCE pourrait être relevé de 15 bp à -0.25% avant la fin du mandat de Mario Draghi en octobre 2019. Le taux de refinancement serait relevé à 0.25% au quatrième trimestre en raison d’une inflation toujours faible.