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« Dios y Federación » ! La devise nationale de la República Bolivariana de Venezuela est plus que jamais ébranlée dans un pays confronté à la migration du désespoir.

Avec les réserves de pétrole les plus importantes au monde, le Venezuela a malheureusement été incapable de tirer profit de cette ressource. Pour des raisons politiques, le pays a créé sa propre maladie hollandaise amplifiée par la corruption. En volume, le PIB s’est contracté de 40% en 2018 par rapport à 2015, et l’inflation a désormais le profil d’une situation d’hyperinflation avec un taux convergeant vers 1.000.000% cette année. Le gouvernement de Nicolas Maduro a dévalué le bolivar de 95% par rapport au dollar. Il en faut 6.000.000 pour faire un dollar. Sur les billets, cinq zéros ont été effacés, le salaire minimum a été augmenté de 3.500% pour atteindre 30 dollars mensuels et le taux de TVA a été augmenté de 4 points. La gigantesque dévaluation de la monnaie risque de se traduire par une hausse impressionnante du prix des importations, et de s’ajouter à l’hyperinflation existante. Les deux faiblesses du plan tiennent au manque d’engagement pour le futur tant du côté de la banque centrale que du gouvernement.

Dans les épisodes antérieurs d’hyperinflation, la stabilisation, en plus de celle sur la monnaie, est un engagement du gouvernement vis-à-vis des institutions internationales et des partenaires du pays quant à la politique économique menée. S’ils conditionnent la politique économique dans la durée, ces engagements peuvent être une source de crédibilité et deviennent une source de stabilisation car les anticipations et comportements changent envers le pays victime d’hyperinflation.

Le gouvernement de Nicolás Maduro ne veut pas prendre d’engagement, notamment vis-à-vis du FMI. Le fait de lier le bolivar souverain à une cryptomonnaie, le petro basé sur les prix du pétrole, ne change rien. Les conditions actuelles laissent malheureusement et dangereusement penser à celle de l’Allemagne en 1923, sous la république de Weimar.

PDVSA, la compagnie pétrolière vénézuélienne, s’est engagée à payer plus de 2 milliards de dollars à ConocoPhillips aux termes d’un accord à l’amiable. Les indemnités, augmentées des intérêts sur la période de paiement, avaient été attribuées au géant américain le 25 avril par un tribunal d’arbitrage de la Chambre de commerce international. La compagnie vénézuélienne versera 500 millions de dollars dans un délai de 90 jours à compter de la date de signature de l’accord à l’amiable mettant fin au différend sur les expropriations dont le groupe avait été victime au Venezuela.