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« Ce que juillet et août ne cuisent pas, n’est guère rôti par septembre ». Alors que la période estivale touche à sa fin, les tensions commerciales semblent s’estomper et laissent désormais place à un nouveau foyer de tensions : les pays émergents.

Le S&P-500 et le Nasdaq ont battu leurs records en séance ce lundi et en clôture, ce dernier franchissant même pour la première fois la barre des 8.000 points, tandis que le Dow Jones a clôturé au-dessus de 26.000 points pour la première fois depuis le 1er février, se rapprochant de son pic du 26 janvier à 26.616,71. Le président américain Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis et le Mexique étaient parvenus à un accord appelé à se substituer à l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), avant l’ouverture rapide de pourparlers avec le Canada. Ford, General Motors et Fiat Chrysler ont pris pour leur part entre 3,2% et 4,8% alors que le secteur automobile est au coeur des relations commerciales entre les Etats-Unis et le Mexique. Cette annonce a dopé Wall Street, qui montait déjà après la discours jugé rassurant prononcé vendredi par le président de la Réserve fédérale. Jerome Powell a conforté le scénario d’une poursuite de la hausse des taux en défendant une approche pragmatique de la politique monétaire et il a écarté le risque d’une accélération marquée de l’inflation.

L’autoritarisme du président turc Recep Tayyip Erdogan et sa mainmise sur la politique monétaire alimentent par ailleurs les craintes des investisseurs sur la livre turque.Le président turc est opposé à une hausse des taux et l’inflation a atteint près de 16% en juillet, le taux le plus élevé observé en plus de 14 ans.Les chiffres sur l’inflation en Turquie seront publiés le 3 septembre et la banque centrale turque tiendra une réunion de politique monétaire le 13 septembre, après avoir maintenu inchangés ses taux lors de sa dernière réunion, une décision tout à fait inattendue. Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi que l’engagement et la détermination des Turcs étaient la garantie nécessaire pour combattre les attaques contre l’économie du pays. Le président turc considère la chute de la livre comme le résultat d’une “guerre économique” contre la Turquie alors que les Etats-Unis ont doublé les droits de douane sur l’acier et l’aluminium turcs en représailles à l’emprisonnement du pasteur américain.

La monnaie argentine a perdu près de la moitié de sa valeur depuis le début de l’année en raison des inquiétudes suscitées par le niveau élevé de l’inflation, le ralentissement de l’économie et les conséquences plus larges des turbulences sur les marchés émergents liées à l’appréciation du dollar. La banque centrale a relevé son taux directeur de 15 points pour le porter à 60%, ce qui n’empêche pas le peso argentin de chuter de plus de 18% à 40,40 pour un dollar, un plus bas historique. Pour tenter d’apaiser les marchés financiers, le gouvernement argentin a demandé mercredi au Fonds Monétaire International (FMI) d’accélérer le versement d’une partie des 50 milliards de dollars de financements prévus. Le FMI a simplement déclaré étudier cette demande en réclamant un resserrement des politiques monétaire et budgétaire. Les nouvelles venues d’Argentine n’ont pas provoqué de panique en Europe, même si la Bourse de Madrid, fortement exposée à l’Amérique latine, a creusé ses pertes pour finir en baisse de 1,06%.