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Dix ans après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, l’inquiétude gagne les milieux financiers à propos de la Deutsche Bank, un établissement beaucoup plus systémique. L’établissement allemand serait-il un nouveau Lehman Brothers ?

Le regain d’appétit pour le risque a été favorisé par l’invitation adressée aux autorités chinoises par l’administration Trump en vue d’un nouveau cycle de négociations commerciales. Celle-ci a été accueillie favorablement à Pékin. L’espoir d’une solution négociée est pris au sérieux par les investisseurs même si rien ne garantit pour l’instant que des pourparlers auront bien lieu, et si Washington peut toujours annoncer un relèvement des droits de douane sur 200 milliards de dollars (172 milliards d’euros) de produits importés de Chine. Washington a d’ailleurs brouillé le message en annonçant des sanctions contre une firme technologique chinoise, Yanbian Silverstar Network Technology, son patron nord-coréen et une filiale russe, accusés d’avoir transféré des fonds en Corée du Nord en violation des sanctions américaines. Les investisseurs ont aussi apprécié l’annonce d’une hausse des prix plus faible qu’attendu aux Etats-Unis en août.

Le dollar a pâti des chiffres inférieurs aux attentes des prix à la consommation américains alors que l’euro a profité des commentaires de la Banque centrale européenne (BCE) sur l’évolution de l’inflation dans la zone euro. La BCE, qui tenait sa réunion monétaire de rentrée, a confirmé préparer l’arrêt définitif de ses achats de titres à la fin de l’année et jugé que les risques entourant ses prévisions restaient globalement équilibrés tout en abaissant légèrement sa prévision de croissance. Son président, Mario Draghi, a en outre évoqué lors de sa conférence de presse la perspective d’une accélération de l’inflation de base en fin d’année. La Banque centrale a laissé ses prévisions d’inflation inchangées mais elle a légèrement réduit sa prévision de croissance pour cette année, a déclaré Mario Draghi, lors d’une conférence de presse jeudi. L’institution, qui s’est fixé pour objectif un taux d’inflation légèrement inférieur à 2% à moyen terme, prévoit toujours une hausse des prix à la consommation de 1,7% cette année, en 2019 puis en 2020. En matière de croissance, elle table désormais sur une expansion de 2,0% seulement du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro cette année, contre 2,1% prévu en juin et pour 2019, et a ramené sa prévision de 1,9% à 1,8%. La prévision pour 2020 est inchangée à 1,7%. Cette révision en baisse des prévisions de croissance était anticipée par bon nombre d’observateurs, la montée des tensions commerciales internationales ces derniers mois et les turbulences subies par plusieurs pays émergents ayant pesé sur les indicateurs avancés.

La Banque d’Angleterre (BoE) n’a pas modifié son taux d’intervention jeudi et a mis en avant les craintes de plus en plus prononcées des marchés financiers face à l’échéance du Brexit, un mois après avoir relevé ce même taux pour la deuxième fois depuis plus de 10 ans. Au point de vue international, la BoE s’interroge sur les risques pesant sur la croissance mondiale, surtout si les Etats-Unis et la Chine mettent leurs dernières menaces commerciales à exécution. Pour autant, la banque croit toujours qu’un durcissement de sa politique monétaire se justifiera sans doute si l’économie évolue comme prévu, les hausses de taux restant toutefois progressives et limitées.