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Une décennie après La faillite de Lehman Brothers, quelles sont les conclusions sur la performance des actifs financiers ?

Malgré la crise des subprimes (2008-2009) et celle de la dette souveraine européenne périphérique (2011-2012), un investisseur ayant acheté des actions du vieux continent la veille de la chute de la banque américaine a gagné sur 10 ans tout de même 51,85% selon l’indice Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Il a eu raison de faire le dos rond, car 6 mois plus tard (le 9 mars 2009), son portefeuille perdait plus de 44% ! Au-delà du vieux refrain « il faut investir sur les actions dans la durée », il est intéressant de noter que, hors dividendes, sa performance sur cette même durée est quasi nulle à 1,48% ! Ce sont donc bien les dividendes réinvestis qui permettent d’absorber les chocs sur les actifs financiers. Cette conclusion renforce notre conviction d’investir dans la durée sur des sociétés de qualité génératrices de cash-flows importants. Notons aujourd’hui que le rendement moyen des actions européennes est supérieur à 3,5% quand celui des obligations d’entreprises de notation BBB (de BBB- à BBB+) à 5 ans est en-dessous 0,70% selon Bloomberg.

Revenons sur les marchés, où le taux souverain à 10 ans américain a franchi le seuil des 3% pour terminer à 3,06%. Cette hausse est salutaire car elle permet à l’angoissante courbe du 2 ans -10 ans de se pentifier et surtout de rebondir de 0,05% à 0,25%. Rappelons que le niveau de 0% (toujours pas franchi) a été dans le passé annonciateur d’une récession aux Etats-Unis (en moyenne de 311 jours depuis 1969). Du coup, les marchés ont mis de coté la guerre commerciale, les négociations sur le Brexit et la crise des dettes émergentes pour amorcer une rotation sectorielle en achetant des valeurs bancaires et cycliques.

Du coté des chiffres macro-économiques et toujours outre Atlantique, notons pour le mois d’août une production industrielle (+0,4%) et un indicateur de sentiment du Michigan (100,8) au-dessus des attentes. Tandis que l’indicateur avancé (+0,4%), les ventes de détail (+0,01%) et les mises en chantier (1,28 millions) sont sortis en-dessous du consensus. En Europe, l’indice d’inflation sur la même période au Royaume-Uni (+2,7% sur un an glissant) a surpris les opérateurs qui attendaient 2,4%, provoquant une remontée du taux à 10 ans à 1,58%. Dans la zone euro, l’IPC est sans surprise à +0,2% sur un mois et 2% sur un an.