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“Bon silence vaut mieux que mauvaise dispute.” (Proverbe russe)

La délégation chinoise chargée de mener les négociations commerciales avec les Etats-Unis a annulé son déplacement à Washington prévu cette semaine. Pour le moment, l’espoir de voir des accords unilatéraux entre ces deux pays est bien mince. Tout ceci se passe alors que depuis le 24 septembre, de nouvelles taxes sur des produits importés de Chine ont été adoptées par les américains portant sur 200 milliards de dollars. « L’empire du milieu » a riposté sur une liste de produits de 60 milliards de dollars. Pendant ce temps, le management d’Airbus est à Pékin pour obtenir un éventuel contrat juteux, et les européens réfléchissent à un système de troc sophistiqué pour contrer l’embargo sur le pétrole iranien. Au-delà de la guerre commerciale, sommes-nous à l’aube d’un nouvel échiquier géopolitique ?

Mercredi, la FED a augmenté comme prévu ses taux directeurs de 25 points de base à 2,25% et a enlevé l’adjectif « accommodant » de sa politique monétaire. La banque centrale a maintenu son rythme de progression pour 2018 et 2019 et anticipe désormais un niveau médian de 3,4% en 2020. Elle a rehaussé ses prévisions de croissance à 3,1% pour 2018 et 2,5% pour 2019. Cet optimisme a permis aux marchés de bien digérer ce nouveau durcissement qui reste graduel dans le temps mais qui perturbe terriblement les pays émergents.

Du côté du vieux continent, on attendait jeudi la feuille de route du budget italien. Nous avons assisté à une mini « Commedia Dell’Arte », où les rumeurs de démission du ministre des finances Giovanni Tria ont succédé aux propos de Di Maio (leader du mouvement 5 étoiles), évoquant « qu’être du côté des marchés, ce n’est pas être du côté des citoyens ». Après moultes tractations, la coalition populiste anticipe pour 2019 un déficit fiscal de 2,4% du PIB. Ce chiffre peut remettre en cause à long terme la soutenabilité de la dette italienne, qui représente déjà 132% du PIB.

Revenons aux statistiques macro-économiques où les chiffres PMI de septembre selon Markit pour la zone euro ont été en-dessous des attentes pour le manufacturier (53,3 contre 54,5) et au-dessus pour celui des services (54,7 contre 54,4). Outre Atlantique, ces mêmes chiffres sont sur une note inverse : le PMI manufacturier est ressorti meilleur que prévu (55,6 contre 55) et celui des services a été très décevant, à 52,9 contre 55 espéré. Toutefois, les consommateurs du pays de l’Oncle Sam ont le moral puisque l’indice de confiance du Conference Board affiche 138,4 : un niveau jamais vu depuis octobre 2000 ! Cette grande confiance va-t-elle influencer les électeurs pour les élections de mi-mandat du 6 novembre ?