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Brexit ou hard Brexit?

L’horloge tourne et nous sommes désormais à moins de 6 mois de la date fatidique du 29 mars 2019 minuit (jour où le Royaume-Uni quittera l’Union Européenne). Force est de constater l’échec des négociations sur les modalités de sortie au sommet des 27 pays membres du 18 octobre. Pire encore, il n’est plus prévu d’une nouvelle rencontre en novembre. Les marchés ont donc réagi négativement car ils doivent intégrer un scénario de hard Brexit (sortie sans accord commerciaux) jugé impensable auparavant.

Le Royaume-Uni est entré dans la Communauté Économique Européenne (CEE) en 1973. Quarante-six années de liens étroits avec l’Europe continentale est une parenthèse dans la longue histoire de cette nation.  Il est évident que les deux zones économiques continueront à exister quelle que soit l’issue des tractations. Pour autant les britanniques stockent de la nourriture et des médicaments pour assurer l’approvisionnement de biens stratégiques. Pourquoi? En cas d’impasse, il est possible que les échanges commerciaux soient bloqués à la douane faute de barème. Cela nous concerne également. Prenons l’exemple d’Airbus et de son site d’assemblage de Toulouse. En pratique, plus aucun avion ne pourrait sortir sans les ailes fabriquées en Grande Bretagne. Tous les industriels sont de facto en train de revoir leur processus de fabrication pour trouver des solutions dans un tel cas. Il est donc crucial d’éviter cette situation, soit en prolongeant la date butoir (pourtant votée à la chambre des communes comme irrévocable), soit en accouchant d’un accord. Il semble que la plus grosse mésentente concerne la frontière entre les deux Irlande. Cela signifierait que le Royaume Uni serait désuni.  Chose impensable pour les sujets de sa majesté.

Revenons aux chiffres économiques de la zone euro où la production industrielle en août est ressortie au-dessus des attentes à 1% contre 0,5% attendue. L’inflation de septembre est stable à 2,1% sur 1 an alors que l’indice de base reste modéré à 0,9%. Ces données permettent à la BCE de garder toute sa flexibilité quant à la première hausse de taux prévue pour le moment dès septembre 2019. Aux États-Unis, les données publiées sont partagées. D’un côté la production industrielle de septembre est meilleure que prévue à +0,3% contre 0,2% et l’empire Manufacturing à 21,1 contre 20. De l’autre, les ventes de détail ont déçu à 0,1% contre 0,6% anticipé. Le marché a peu été influencé par ces indicateurs et reste focalisé sur le Brexit,  le budget italien et la saison des résultats qui débute et qui sera déterminante dans cet environnement chahuté.