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Marge des entreprises contre courbe des taux…

La saison des résultats du 3ème trimestre a commencé. Celle-ci est marquée par un nombre de profit warning plus élevé. Ces évènements perturbent les marchés car ils sont synonymes de chocs sur les cours de bourse des actions concernées. Par ricochet, les investisseurs ont poursuivi leurs ventes d’actifs risqués de peur de subir davantage de dommages dans leur portefeuille. Pourtant, Il est encore trop tôt pour tirer le bilan définitif car de nombreux secteurs n’ont pas encore publié comme le pétrole et les financières. Ce millésime trimestriel laissera quoiqu’il arrive un mauvais souvenir aux opérateurs car il survient dans un moment compliqué avec une géopolitique perturbante (guerre commerciale, Brexit et budget italien) et une politique monétaire de la Fed plus restrictive. Même si celle-ci reste cohérente avec une croissance américaine robuste, elle perturbe de nombreuses zones économiques qui subissent un ralentissement de la croissance. De surcroît et pour la première fois depuis une décennie, la liquidité des banques centrales diminue.

Toutefois, dans ces phases compliquées, il convient de rester cohérent et pragmatique. Ces phases de « sell-off » généralisées créent des opportunités d’achat pour des titres de qualité avec des cash-flows robustes et un endettement maitrisé. Selon le consensus Bloomberg, les actions européennes se payent dorénavant moins de 13 fois les bénéfices de l’année 2018 (pour l’Eurostoxx50) ; un niveau jamais vu depuis le printemps 2016. Le marché anticipe donc beaucoup de mauvaises nouvelles à venir. Pourtant, nos indicateurs de récession aux Etats-Unis n’indiquent pas cette phase de contraction dans l’immédiat. Ainsi, la célèbre courbe des taux est toujours positive de 27 points de base (écart entre le rendement à 10 ans et à 2 ans). La contraction des marges des entreprises est aussi un autre signal avancé de 18 mois. Attendons le verdict définitif des résultats pour déterminer laquel des deux données aura annoncé la fin d’un formidable cycle d’expansion outre-Atlantique. N’oublions pas que la croissance n’est jamais constante et connait des périodes plus ou moins robustes.

Revenons aux fondamentaux économiques. Dans cette période perturbée, La BCE n’a pas modifié sa politique monétaire lors de sa réunion de jeudi dernier. Celle-ci arrêtera son programme d’achat d’actifs en décembre même si son président Mario Draghi se dit vigilant et déterminé à agir si besoin.  Les derniers PMI ont été décevants en Europe. Ils sont ressortis en baisse aussi bien pour le manufacturier (51,2 contre 52,4) que celui des services (53,6 contre 54,5). Au pays de « l’oncle Sam », la FED a répété dans son rapport intitulé « Beige Book » le mot « Tariff » un nombre de fois sans précédent. Elle pointe les dangers de la politique protectionniste de Washington. Si les chiffres PMI demeurent robustes et en hausse (Manufacturier à 55,9 et celui des services à 54,7), les ventes de logements en cours ont été décevants (-3,4% sur un an). Les effets de la remontée des taux commencent donc à avoir des conséquences concrètent sur l’immobilier.