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« Sur le champ des principes, il n’y a pas de place pour la négociation » Lucien Bouchard, ancien ministre de l’environnement du gouvernement fédéral canadien

Assistons-nous enfin à plusieurs éclaircies dans ce paysage géopolitique tendu ? En moins de 24 heures, plusieurs annonces permettent d’espérer une possible amélioration sur le Brexit et la guerre commerciale. La première a été révélée par le Financial Times, selon laquelle l’Union Européenne serait prête à faire des concessions sur l’épineuse question de la frontière avec l’Irlande du Nord. Un autre journal britannique (The Times of London) a également révélé qu’un accord serait trouvé sur les banques anglaises dans tous les cas de figure. Outre Atlantique, le président américain a utilisé son moyen de communication habituel pour révéler un entretien téléphonique chaleureux avec le numéro un chinois Xi Jinping. Une rencontre serait prévue fin novembre en Argentine. Au-delà des formidables perspectives ouvertes par ces excellentes nouvelles, il convient de rester encore prudent sur l’issue de ces négociations. N’oublions pas que nous sommes à quatre jours des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Méfions-nous des discours politiques qui pourraient ne pas aboutir et attendons des actes et non des paroles.

Profitons d’un aparté pour remonter aux origines du vote américain le 1er mardi de novembre. Cette tradition qui persiste dans un pays voué aux nouvelles technologies remonte aux XIXème siècle. A l’époque, la population est essentiellement rurale. Pour effectuer leur devoir, les citoyens devaient voyager plus d’une journée à cheval ou en diligence. C’était le temps nécessaire pour se rendre au bureau de vote le plus proche. Le dimanche étant réservé aux offices religieux, il a été décidé que le mardi était le jour le plus approprié. Si ce choix était judicieux pour cette jeune nation, on peut se demander s’il est toujours adapté aujourd’hui. En effet, les salariés prennent sur leur temps de travail avec des files d’attente très longues pour assumer leur civilité. Quoiqu’il en soit, les politologues prédisent une forte participation au prochain scrutin.

Revenons aux chiffres économiques qui suscitent des interrogations sur l’évolution de la situation à moyen terme. En Italie, la croissance du PIB du 3ème trimestre est nulle et ressort à +0,8% sur un an glissant. On peut donc challenger la pertinence d’un budget italien avec des hypothèses d’expansion peu réalistes. En France, ce même chiffre est respectivement à +0,4% et à +1,5%. Cela laisse peu de marge de manoeuvre avec une prévision de déficit à 2,9% du PIB en 2019. Pour l’ensemble de la zone euro, la statistique est décevante puisque celle-ci s’affiche à +0,2% et 1,7% sur 12 mois.  Le contraste est très fort avec celui des Etats-Unis qui croît de 3,5% annualisé sur le dernier trimestre. La consommation personnelle reste forte à +4%, certainement tirée par la baisse de l’épargne. Toutefois, un effet stock important (+2,07%) brouille la visibilité sur la qualité de cette performance. Ce dernier point ouvre le débat sur la pérennité du plus long cycle économique d’après guerre.