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« ….SOULIGNANT que l’objectif de cet accord est d’assurer un retrait ordonné du Royaume-Uni de l’Union et de l’Euratom…. »

L’Union Européenne et le gouvernement de Theresa May se sont mis enfin d’accord sur les conditions d’un BREXIT négocié. Le document de 585 pages, publié le 14 novembre 2018, scelle les termes de cette sortie voulue par le peuple britannique selon le référendum du 23 Juin 2016. Rien n’a été oublié, même l’absence de frontière physique entre les deux Irlandes pendant une période de transition (jusqu’au 31 décembre 2020), qui peut être prolongée, selon le souhait du Royaume-Uni, avant le 1er juillet 2020. On peut donc saluer l’aboutissement d’un long marathon de négociations mais rien n’est encore acquis. En effet, la Premier Ministre a dû faire face à la démission de quatre membres de son équipe et certains souhaitent un vote de défiance. Les parlementaires doivent désormais approuver ce que beaucoup qualifient de « bad deal » y compris des députés du parti conservateur. Les travaillistes, favorables au maintien dans l’Union, sont contre et espèrent encore un nouveau référendum. Les Ecossais sont choqués qu’on accorde un statut particulier aux irlandais. Bref, la locataire du 10 Downing Street devra chasser une par une les 326 voix nécessaires pour obtenir la majorité y compris dans l’opposition. Un nouveau sommet européen est prévu le 25 novembre et le texte devra être également ratifié par les 27 pays membres de l’Union.

Le week-end dernier, plus de 70 chefs d’état ont célébré à Paris le centenaire de l’armistice de la première guerre mondiale. Si le 11 novembre 1918 à 5h10 fut signé un protocole qui mit fin à un conflit des plus meurtriers, n’oublions pas qu’il fut suivi, le 28 juin 2019 à Versailles, d’un mauvais traité à l’origine du second conflit planétaire du 20ème siècle. Notons que les festivités ont été suivies d’un grand forum pour la paix et du multilatéralisme. On ne peut que constater l’absence voulue par Donald Trump, toujours partisan de l’unilatéralisme. La paix commerciale n’est pas encore d’actualité même si des négociations sont en train d’avancer entre la Chine et les Etats-Unis.

Du coté des chiffres économiques, soulignons que l’Allemagne a publié un PIB négatif au 3ème trimestre de 0,2% contre -0,3% attendu. C’est un fait inédit depuis le 1er trimestre 2015. La croissance sur un an a ralenti à 1,1%. L’essentiel de cette contreperformance est dû aux nouvelles normes automobiles WLTP. Pour la zone euro, l’activité décélère comme attendue à + 0,2% sur la même période. En Italie, autre sujet de préoccupation des marchés, la production s’est contractée en septembre de 0,2% mais plus faiblement que le -0,5% redouté. Outre-Atlantique, l’inflation ressort sans surprise en hausse à 2,5% sur un an glissant et ralenti à 2,1% hors alimentation et énergie. Cette dernière devrait avoir un impact négatif sur les prix. Les cours du Brent et du WTI ont chuté nettement avec le dernier rapport de l’Agence Internationale de l’Energie mentionnant un excès durable de l’offre liée à l’augmentation de la production de l’OPEP. Les marchés vont donc rester volatils et influencés par une actualité économique et géopolitique chargée.