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«Les taux d’intérêt sont encore faibles, selon les normes historiques, et ils restent juste en dessous du large éventail d’estimations du niveau qui serait neutre pour l’économie, c’est-à-dire ni accélérer ni ralentir la croissance.»

Cette phrase du président de la FED prononcée mercredi 28 novembre lors d’un discours au club économique de New York a eu un effet immédiat sur les marchés financiers. Les investisseurs ont bien noté le signal subtil envoyé par Jérome Powell par un changement de phrasé depuis un mois : les mots « long chemin » ont été remplacé par « juste en-dessous ». Cela signifierait que la banque centrale allègerait son cycle de hausses des taux prévus jusqu’en 2020. La réaction a donc été quasi instantanée pour les marchés américains avec une hausse des actions et une baisse des taux et du dollar. Même si on est loin des actes, il est intéressant de noter que cette modification dans la communication de l’institution est possible par la baisse récente et forte du prix du pétrole. Ainsi l’inflation, qui culminait au-dessus de l’objectif cible de 2%, devrait baisser dans les mois à venir et donc alléger les craintes d’une accélération liée à une économie en pleine forme et un chômage au plus bas depuis 49 ans. A moins que tout ceci soit tactique pour montrer de la bonne volonté face aux critiques récentes de la maison blanche. Même si nous ne le pensons pas, le débat reste ouvert.

Les derniers chiffres économiques confirment une économie américaine toujours robuste avec quelques composantes en légère décélération. Ainsi, le PIB du 3ème trimestre a crû de 3,5% en annualisé, comme attendu. La consommation est plus faible à 3,6% contre 4% pour la première estimation. Les premiers signes véritables de fléchissement concernent l’immobilier.  Les ventes de logements nouveaux et existants ont baissé respectivement de 8,9% et de 2,6% en octobre contre une hausse estimée à 4% et à 0,5%. Il est vrai que le secteur souffre des conséquences de la hausse des taux d’emprunts immobiliers dont le 30 ans a connu un point haut récent à 4,8%, un niveau jamais vu depuis 2011. Les nouvelles demandes d’allocations chômage ont connu le 24 novembre un frémissement à 234 000 contre 220 000 la semaine précédente. Cette donnée doit être considérée avec attention car cela fait parti de nos 3 indicateurs avancés d’une éventuelle récession. S’agissant d’une statistique hebdomadaire et donc volatile, il convient toutefois de prendre du recul car c’était la période de Thanksgiving.

Du côté de l’Europe, les opérateurs restent focalisés sur le sujet du Brexit et celui du risque Italien. Toutefois, aucune mauvaise nouvelle n’est venue d’outre-Manche et le gouvernement italien semble vouloir modifier son budget pour éviter une possible procédure de sanctions venant de Bruxelles. Dans la zone euro, les indices Markit Manufacturier, des services et composite sont tous ressortis en baisse et en-dessous des attentes respectivement à 51,5, 53,1 et 52,5. Notons en novembre une amélioration au niveau de la confiance économique dans l’industrie et des services avec un climat des affaires en hausse. En Allemagne, le chômage a atteint le seuil bas symbolique de 5%. Un succès incontesté pour Angela Merkel.

Ce week-end a lieu la réunion du G20 en Argentine. Le point culminant sera le dîner entre Donald Trump et Li Xinping. Même si nous ne connaissons pas le menu du repas qui sera servi, espérons une issue ou ne serait-ce qu’une amélioration sur le front de la guerre commerciale.