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« La pensée négative ne résout pas les problèmes. »

C’est un fait, l’année boursière 2019 a mal démarré dans le prolongement de la fin difficile de 2018. En réalité, les marchés ont effacé le rebond des deux dernières séances annuelles et se retrouvent proches des plus bas du 27 décembre dernier. L’aversion au risque est marquée, en témoigne la forte demande pour les obligations souveraines. Ainsi, les taux à 10 ans américains ont retrouvé les niveaux de début 2018 malgré une hausse de 1% des taux directeurs de la FED. La courbe des taux est quasi-plate, au niveau de 16 points de base, selon le fameux spread 2 à 10 ans. Elle est même légèrement inversée entre les maturités 2 ans et 5 ans. Cela signifie désormais que les investisseurs n’anticipent plus de resserrement de la banque centrale. Le bund allemand à 10 ans (véritable valeur refuge en Europe) est tombé à 0,15%, soit le rendement le plus bas depuis avril 2017 (avant les présidentielles françaises).

Pourquoi un tel pessimisme ? Certes, les raisons sont diverses et multiples. Tout d’abord, le ralentissement de la croissance mondiale est plus qu’une réalité. En Europe, les chiffres du PIB du 3ème trimestre ont été négatifs pour l’Allemagne et l’Italie (respectivement de -0,02% et de -0,01%). Ils ont été sans doute accentués outre Rhin par les nouvelles normes anti-pollution dans l’automobile et dans la péninsule transalpine par les incertitudes politiques et budgétaires. En Chine, l’indice Caixin PMI manufacturier de décembre est sorti cette semaine à 49,7 identique à celui du PMI Markit en France (fortement impacté par les gilets jaunes). Ces deux données franchissent à la baisse le seuil symbolique des 50 soit le niveau théorique de la contraction d’activité. Toutefois, la forte décélération concerne avant tout l’industrie et la guerre commerciale qui dure depuis plus de neuf mois est sans aucun doute une des causes principales. La croissance n’est jamais constante dans la durée et les épisodes de soft patchs peuvent être nombreux. Nous sommes pleinement dans ce type de phase, avec des incertitudes géopolitiques qui amplifient les craintes de récession. Pourtant, il suffirait d’une volonté humaine pour fumer le calumet de la paix et retrouver un environnement stable afin que les industriels puissent réinvestir et donc relancer la machine. Au Royaume-Uni, même si le vote sur le Brexit s’annonce difficile à partir du 14 janvier, le gouvernement peut encore, techniquement, repousser la sortie de l’Union européenne afin d’éviter une situation de blocage sur les échanges des produits et des services. Certes, l’avertissement sur les résultats d’Apple ce mercredi 2 janvier signifie que les bénéfices des entreprises prévus pour 2019 devront être revus à la baisse. C’est dans ce type de marchés que l’on peut acheter à bon compte des titres de sociétés de qualité avec des cash-flows importants assurant des dividendes élevés aux actionnaires. Ce type d’investissements permet de construire à moyen terme des portefeuilles générant des performances intéressantes dans la durée.