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Les politiciens britanniques et américains dans l’impasse et l’économie qui continue de ralentir

La politique est un domaine complexe et parfois contradictoire. Ainsi, Après avoir humilié Theresa May en rejetant son projet d’accord sur le Brexit et lui infligeant la pire défaite depuis 1920, les parlementaires britanniques ont également rejeté la motion de censure supposée la renverser. C’est donc le même gouvernement qui est chargé de trouver une autre solution et de renégocier avec l’Union européenne. Le temps passe et on se dirige soit à une sortie dure ou vers un report de la mise en œuvre de l’article 50. La sagesse voudrait que ce soit la dernière possibilité qui soit adoptée.

Outre Atlantique, Donald Trump, homme de tous les superlatifs, peut désormais se vanter d’être le président avec le plus long « shutdown » de l’histoire. Le secrétaire d’état au commerce Wilbur Ross a choqué l’opinion publique en déclarant que les fonctionnaires non payés depuis plus d’un mois pouvaient emprunter pour compenser leur perte de salaire. L’origine de cet imbriglio vient du refus de la chambre des représentants, sous le contrôle des Démocrates, d’allouer plus de 5 milliards de dollars pour la construction du mur anti-migrants. Espérons que le croisé de fer ne se prolonge pas jusqu’à début mars. En effet, à cette date la dette des Etats-Unis aura atteint le plafond autorisé et techniquement le trésor ne pourra tenir que quelques semaines avant de faire défaut. Ce scénario peut devenir vite anxiogène pour les investisseurs.

Revenons aux chiffres économiques. Ceux-ci confirment la poursuite d’un ralentissement voire un début de contraction dans certaines zones géographiques. Les deux poids lourds de la zone euro sont touchés. Ainsi le PMI manufacturier allemand est ressorti à 49,9 en janvier (soit en-dessous du seuil de 50 de la récession). Le pays subit donc toujours les dommages collatéraux de la guerre commerciale. La France ne se remet pas des « gilets jaunes ». LE PMI composite est passé de 48,7 en décembre à 47,9 en Janvier. C’est celui des services qui a fortement déçu à 47,5 après 49 le mois dernier. Simple coup de mou ou réduction prolongée de l’activité ? Le débat est ouvert. En Chine, la croissance au 4ème trimestre 2018 est ressortie comme prévu à 6,4% en glissement annuel au plus bas depuis 2009. La reprise de la croissance mondiale n’est donc pas pour tout de suite. Alors, pourquoi les marchés montent ? Certainement, parce que ceux-ci ont trop corrigé en fin d’année 2018 et les cours reflètent déjà cette situation morose. Ils anticipent également un report du Brexit et la fin de la guerre commerciale. Espérons pour tout le monde que ces souhaits se concrétisent.