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Une FED patiente, une Bundesbank prudente, et Donald Trump enthousiaste sur l’issue des négociations commerciales

Lors de sa conférence de presse du 30 janvier, Jerome Powell a satisfait les investisseurs. Dans son discours, le président de la FED a dit deux phrases déterminantes pour les marchés financiers : la première indiquait que le comité de politique monétaire (FOMC) serait patient quant aux futurs ajustements de ses taux directeurs. La seconde mentionnait que la normalisation du bilan de la banque centrale serait achevée plus tôt avec une taille plus élevée que précédemment estimée. Cette pause dans le cycle de durcissement monétaire, avec potentiellement une moindre réduction de la liquidité, était le bon cocktail pour rassurer les opérateurs. Ainsi, dans cet environnement de ralentissement de la croissance mondiale, l’institution se devait de démontrer sa sensibilité au contexte international. C’est fait ! Souvenez-vous, le surlendemain de la controversée conférence de presse du 19 décembre dernier qui avait fait plonger les marchés, nous avions écrit que cette erreur de communication serait corrigée les semaines suivantes. La mission est accomplie avec des indices de volatilité en baisse. Nous avions même spécifié que la prévision de deux hausses de taux au lieu de trois permettait d’avoir la flexibilité de faire une pause de 6 à 9 mois et de respecter ses objectifs de taux directeurs à fin 2019. Le débat se recentre désormais sur la prochaine date de fin de cette trêve. Certains l’estiment en juin et d’autres en septembre. Tout cela va dépendre du redémarrage de l’activité. Sur ce point, les dernières statistiques américaines confirment un ralentissement. Ainsi, la confiance des consommateurs du Conference Board de Janvier ressort en baisse à 120,2 contre 128.1 en décembre. La vraie inquiétude concerne l’indice des attentes de cet institut qui plonge à 87,3 contre 99.10 le mois dernier. L’écart avec la situation actuelle est très élevé et est, historiquement, le signal d’une forte contraction économique à venir. Le chiffre des directeurs d’achats de Chicago renforce nos craintes. Celui-ci affiche 56,7 en janvier (contre 61,5 attendu) et en nette baisse. Entre temps, le locataire de la maison blanche se satisfaisait de sa rencontre avec le vice-premier ministre chinois Liu He avec à la clé, selon lui, un « magnifique accord historique ». L’affaire est à suivre.

Revenons en Europe où Jens Weidmann, le président de la Bundesbank et critique invétéré du programme d’achats d’actifs de la BCE, se montre prudent sur la croissance allemande en 2019. Le  banquier central anticipe que celle-ci sera en-dessous de son potentiel de croissance de 1,5% mais ne prévoit pas non plus une forte chute de l’activité. Dans tous les cas, et selon cet homme réputé pour être un « faucon », soit un dur dans le jargon financier, la normalisation monétaire prendrait plusieurs années. Cette déclaration intervient le même jour où l’Italie a annoncé être entrée officiellement en récession avec un PIB de -0,2% au 4ème trimestre 2018 après -0,1% au 3ème trimestre. Pourtant, les marchés ne retiennent que le positif et signent en janvier une belle performance après un mois de décembre catastrophique. La saison des résultats des entreprises a commencé. Pour le moment, ce millésime est plutôt bien digéré par les investisseurs. Souhaitons que cette baisse de l’aversion au risque se poursuive.