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A la recherche de rendement

Jérome Powell peut se réjouir des conséquences prolongées de sa conférence de presse du 30 janvier. En annonçant une pause dans le cycle de normalisation monétaire, le président de la FED a réussi depuis à stabiliser le marché des taux donc des dettes souveraines et du crédit. Cette trêve potentielle de plusieurs mois a eu un impact psychologique important chez les investisseurs. Dans un environnement moins volatil, ceux-ci ont repris leur quête de rendement.  La chasse aux coupons ou aux dividendes pérennes est un casse-tête surtout en Europe, où les taux courts sont négatifs et l’activité en nette décélération. Cela s’est donc traduit par des achats d’obligations de bonne qualité (Investment Grade), de maturité moyenne (de 2 à 5 ans) et des actions capables de maintenir leur dividende important dans ce contexte difficile. De même, quelques flux positifs ont concerné les obligations high yield les mieux notées (BB+ à BB-) donc les moins risquées. Nous pensons que cette thématique de rendement devrait perdurer et constituer un facteur important de la performance à venir d’un portefeuille. Ce phénomène concerne toutes les classes d’actifs. La meilleure illustration est la bonne tenue du dollar malgré les prévisions baissières de beaucoup de stratèges. La devise de l’oncle Sam profite d’une rémunération minimum de 2,50% contre des taux de dépôts nuls ou négatifs sur les autres monnaies de réserve de la planète.

Les dernières statistiques économiques ne permettent pas d’inverser à court terme cette tendance. En effet, après nous avoir inquiétés fin janvier sur l’indice de confiance des consommateurs, les Etats-Unis ont annoncé des chiffres de l’emploi non agricoles robustes. Ce pays en a créé 304 000 en janvier après 206 000 en décembre, soit une moyenne des deux derniers mois au-dessus du niveau solide de 250 000. Les indicateurs manufacturiers selon les instituts Markit et ISM ont surpris positivement pour s’afficher en janvier respectivement à 54,4 et 56,6. La composante nouvelle commande de l’ISM est même en nette progression (58,2 contre 51,1 le mois précédent). Le bémol vient des indices non manufacturiers et des services de ces mêmes organisations qui montrent une stabilisation et un léger recul.

Revenons en Europe où la « météo » est plus sombre. La Commission européenne a révisé ses prévisions de croissance pour la zone euro à 1,3% contre 1,6% prévue initialement. Les ventes de détail sont ressorties en baisse de 1,6% en décembre comme anticipées. En Allemagne la production industrielle est en baisse de 0,4% en décembre, soit 3,9% sur un an glissant. Nous attendons avec impatience pour ce pays les premières estimations du PIB du 4ème trimestre, qui devraient être connues ce lundi 11 février. Les indices PMI Markit composite et des services de janvier dans la zone euro sont plus contrastées. S’ils sont décevants en Italie (48,8 et 49,7), ils sont stables en Allemagne (52,1 et 53), et en légère amélioration en France mais à un niveau très faible (47,8 et 48,2). L’Espagne est en redémarrage (54,7 et 54,5) et serait une exception dans l’Union Européenne. En résumé, les investisseurs ont besoin de signaux plus clairs pour être durablement plus offensifs, c’est-à-dire acheter des valeurs cycliques au détriment des défensives.