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L’Espagne sans budget, les Etats-Unis proches d’un accord de financement et Theresa May rejetée de nouveau par son Parlement

 

Coup de semonce ! Le Parlement espagnol a rejeté le 13 février le projet de loi de budget 2019. Les indépendantistes espagnols ont certainement réussi à faire basculer la majorité contre le premier ministre socialiste Pedro Sanchez. De facto, de nouvelles élections législatives anticipées auront lieu le 28 avril. L’instabilité politique revient dans ce pays alors que les investisseurs étaient rassurés par des prévisions de croissance du PIB de 2,20% pour 2019. Voici donc une inconnue supplémentaire alors que l’échéance du Brexit approche à grands pas. En effet, au Royaume-Uni, Theresa May a encore subi un échec avec le rejet par la Chambre des Communes de sa politique de négociation avec l’Union européenne. Le scénario d’un report du Brexit ou d’un hard Brexit se fait plus probable au détriment de celui d’une sortie négociée fin mars. Le suspense reste entier à six semaines de l’échéance avec des conséquences importantes pour toute la zone euro.

Outre-Atlantique, après avoir provoqué le plus long « shutdown » de l’histoire entre décembre et janvier, le Congrès semble proche d’un accord pour la nouvelle loi de finance. C’est une bonne nouvelle alors que la dette américaine atteindra début mars le plafond autorisé. Selon les fuites en provenance de Washington, le budget serait bouclé jusqu’en octobre. Une enveloppe partielle serait attribuée pour la construction du mur anti-migrants voulu par le président. Si celle-ci apparaît insuffisante pour construire une véritable « Grande Muraille », elle permettrait le début des travaux et des fonds supplémentaires pourraient être puisés dans d’autres programmes. L’affaire est à suivre alors que la prochaine fermeture d’agences fédérales est pour le 15 février minuit en cas de nouveau désaccord.

Revenons à la réalité des chiffres économiques. La grosse déception de la semaine est sans aucun doute la publication des ventes au détail américaines en décembre avec une baisse de 1,2% contre une hausse de 0,1% attendue. C’est du jamais vu depuis 2009 ! Il convient d’analyser si cette contreperformance est due à la fermeture partielle du gouvernement fédéral, car ce genre de statistique n’est pas conforme à des prévisions de croissance de l’ordre de 2,5% pour 2019. En Europe, nous avons eu le PIB allemand du 4ème trimestre : le pays a évité de justesse la récession en affichant un médiocre 0% après -0,2% pour la période précédente. Sur un an glissant, la croissance continue de ralentir à 0,9%. Pour l’ensemble de la zone euro, la hausse du PIB ressort à 0,20% et 1,20% sur un an. Il existe toujours des fortes divergences entre les pays de l’Union. Ainsi, concernant la production industrielle en décembre, elle est négative en Italie de 0,8% mais positive de 0,80% en France. Pour une fois, l’Hexagone surprend positivement. Le gouvernement insistera certainement sur les derniers chiffres du chômage au plus bas depuis juin 2009 à 8,50% où les demandeurs d’emplois ont baissé de 80 000. Cela suffira-t-il à calmer la grogne des Français et « des gilets jaunes » ?