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Des banques centrales qui temporisent les marchés

Après avoir réussi à rassurer les investisseurs, la FED et la BCE essaient d’atténuer l’enthousiasme ambiant pour prévenir un excès d’euphorie rampant dans toutes les classes d’actifs. Ainsi, dans ses minutes publiées cette semaine, l’institution américaine a confirmé la pause dans son cycle de normalisation monétaire compte tenu de l’environnement actuel. Toutefois, elle a également sous-entendu que les hausses de taux reprendraient en cas d’amélioration de l’économie. la semaine dernière, plusieurs banquiers centraux européens influents ont évoqué un nouveau TLTRO (opérations de refinancement à plus long terme ciblées de 4 ans). Ce jeudi, un extrait de la réunion du 23 et 24 janvier a prévenu qu’aucune décision précipitée ne serait prise. Quoiqu’il en soit, les banques centrales veulent montrer qu’elles sont bien présentes et agiront si besoin sans trop s’engager rapidement pour ne pas décevoir. Cette posture rassure et fait actuellement baisser la volatilité des marchés.

Aux Etats-Unis, après avoir déclaré l’état d’urgence pour financer son mur anti-migrants, Donald Trump se focalise désormais sur les négociations commerciales. Celles-ci semblent progresser avec les chinois à Washington, où plusieurs entrevues sont programmées avec le vice-Premier ministre Liu. Des bonnes intentions émanent de Pékin avec des annonces supplémentaires d’achats de produits agricoles. Dans le même temps, la pression bascule vers l’Europe avec un rapport menaçant sur l’automobile allemande. Un nouveau bras de fer s’annonce avec l’Union Européenne qui semble divisée. Sur le plan économique, les faits sont sans ambiguïté : cette guerre commerciale commencée il y a un an a bien crée une récession industrielle dans le vieux continent et dans l’empire du milieu. Ainsi dans la zone euro, les indices PMI manufacturiers sont passées en février à 49,20 soit en-dessous de 50 (seuil de contraction de l’activité). L’Allemagne tire l’activité à la baisse avec un niveau encore plus faible à 47,6. Rappelons que la Chine subit le même sort en janvier avec un chiffre de 48,3 pour le PMI Caixin. Longtemps épargné, l’onde de choc commence à se faire ressentir également aux Etats-Unis où le chiffre équivalent de février est ressorti en baisse à 53,7 contre 54,9. Heureusement, la situation est différente dans les services où on assiste un redémarrage de l’activité dans la zone euro à 52,3 contre 51 en janvier et en Allemagne à 55,1 contre 53 en janvier.

Outre-manche, les négociations sur le Brexit sont au point-mort. On peut noter la lassitude du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker qui a fait part d’une certaine « Brexit fatigue ». C’était à la suite de sa dernière entrevue avec la Première-ministre Theresa May. Cette dernière laisse entrevoir des avancées majeures d’ici la semaine prochaine. Plus personne ne semble croire à une solution négociée. Alors hard Brexit ou report du Brexit ? Il semble que Michel Barnier laisse entrevoir la possibilité d’un report de l’activation de l’article 50 par le Royaume-Uni. Que vont donc choisir les parlementaires de sa majesté ? La balle est plus que jamais dans leur camp avec des conséquences majeurs pour les économies du vieux continent.