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Prolongations !

Cette période additionnelle, habituellement accordée à deux adversaires pour se départager dans une rencontre sportive indécise, a été adoptée par Donald Trump pour poursuivre les négociations commerciales avec la Chine. Après plusieurs semaines de tractations et des avancées récentes à Washington avec le vice-premier ministre Liu, la date butoir du 1er mars a été levée et une rencontre avec Xi Jinping est désormais prévue. Même si le secrétaire d’Etat américain au commerce, Lighthizer, a déclaré que les deux pays étaient encore loin d’un accord, il faut espérer une issue favorable à cette guerre de tarifs douaniers, dont pâtit l’industrie mondiale depuis presque un an. En Europe, le mot « report », synonyme de prolongation, est plus que jamais évoqué par les représentants de la Commission et de l’Union européenne pour sortir du casse-tête du Brexit. Theresa May n’arrive toujours pas à convaincre son parlement. Sa persévérance ne semble pas payer et un nouveau vote est prévu le 12 mars. En cas de refus, la Chambre des communes devra se prononcer, dès le lendemain, sur une possible extension à la date du 29 mars. Ce scénario semble de plus en plus probable et envisagé par les marchés.

L’ironie du sort a voulu que les Etats-Unis annoncent cette semaine un déficit commercial record en décembre de plus de 79 milliards de dollars. Il semble que cet abysse soit dû à une forte augmentation des importations. Est-ce à cause d’un net rebond de l’activité ou à des achats de précautions des entreprises avant une augmentation de droits de douane? Nous penchions pour la seconde explication vu la faiblesse des ventes de détail déjà évoquée précédemment pour le dernier mois de l’année. Mais le débat est ouvert car le PIB du 4ème trimestre est ressorti au-dessus des attentes (+2,6% contre 2,2%), avec une consommation robuste (+2,8% même si attendue à +3%). Nous accueillons également favorablement l’indice des directeurs d’achat de Chicago de février à 64,7, au plus haut depuis plus d’un an et bien au-dessus du consensus à 57,5. Nous avons eu également ce mois-ci une autre bonne surprise avec l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board, qui est ressorti à 131,4 et en nette hausse par rapport au mois précédent (121,7). Ces trois dernières statistiques montrent bien que l’économie américaine dispose de réserves de croissance.

Cette situation contraste avec le reste du monde en février, et notamment la Chine où le PMI manufacturier continue de se dégrader en février à 49,2. Il s’agit du niveau le plus faible depuis février 2016, ce qui démontre les effets collatéraux de la guerre commerciale. Heureusement, l’indice PMI non manufacturier résiste mieux à 54,3 et ne s’effrite que légèrement. La bonne volonté récente de la Chine à l’égard des Etats-Unis a bien pour objectif de redresser cette situation des plus molles depuis trois ans. Sur le Vieux Continent, la confiance économique dans la zone euro fait de la résistance à 106,1, en léger mieux par rapport aux attentes, quoiqu’au plus bas depuis un an. En Allemagne, l’indice du climat des affaires IFO continue de baisser à 98,5. Ces données faibles avec une inflation toujours contenue (+1,1% sur un an pour l’indice de base en zone euro) expliquent le discours plus accommodant de la BCE.