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Report du Brexit, pas de hard Brexit mais toujours pas d’accord négocié

Les marchés peuvent être soulagés car la Chambre des communes a rejeté ce mercredi 13 mars une sortie de l’Union européenne sans accord négocié. Le fameux « Hard Brexit », tant redouté par les investisseurs et les entrepreneurs, est donc en théorie évité. Toutefois, ce même parlement britannique a refusé une deuxième fois l’accord amélioré par Theresa May. Grâce à un jeu d’amendements, il a été également voté un report de la date du 29 mars au 30 juin au plus tôt et pas de nouveau référendum. La première ministre joue décidément la montre et veut soumettre son texte une troisième fois la semaine prochaine. Dans le cas d’un nouvel échec, le report serait d’au moins un an, contraignant le peuple à voter aux élections européennes de mai prochain. La contradiction est bien le synonyme adapté pour cette chambre basse, qui souhaiterait faire de la Grande-Bretagne une île totalement indépendante politiquement de l’Europe mais des conditions différentes et confuses pour nous citoyens du vieux continent.

Quittons donc le monde controversé de la politique pour revenir aux fondamentaux économiques.  Outre-Atlantique, le chaud et le froid ont soufflé cette semaine. Du côté positif, les mises en chantier et les ventes de détail ont rebondi en janvier après un mois de décembre médiocre (respectivement à 1 230 000 contre 1 037 000 et à +0,2% contre -1,6%). L’inflation est également ressortie plus basse à 1,5% et 2,1% en glissement annuel pour l’indice général et celui de base (hors alimentation et énergie). Cela renforce la position attentiste de la FED qui a calmé le marché obligataire depuis le 30 janvier. Du coté des déceptions, il faut noter les faibles créations d’emplois en février (20 000 contre 180 000 attendus et 311 000 le mois précédent). Toutefois, le taux de chômage est descendu à 3,8% et le salaire horaire moyen est en hausse de 3,4% sur un an, ce qui est plutôt bon pour la consommation.

Partons en Chine qui porte toujours les stigmates de cet affrontement économique engagé par les Etats-Unis. La balance commerciale s’est fortement contractée en février à 4,12 milliards de dollars avec des exportations en chute de 20,7% et des importations en baisse de 5,2%. Le commerce mondial est bien la véritable victime de cette surenchère de nouveaux tarifs douaniers potentiels. Il faut noter que la fameuse rencontre entre les deux dirigeants (Donald Trump et Xi Jinping) a été reportée en avril.

Dans la zone euro, la production industrielle a rebondi en janvier de 1,4% et l’inflation est inchangée en février sur un an glissant respectivement à 1,5% et 1% pour l’indice de base. On est loin de l’objectif des 2% de la BCE ; ce qui laisse à cette dernière toute la faculté d’instaurer, quand elle le souhaite, son nouveau TLTRO annoncé la semaine dernière. Ce biais accommodant des deux principales banques centrales mondiales est un facteur déterminant dans le bon comportement des marchés ces dernières séances malgré des statistiques économiques divergentes et un contexte géopolitique compliqué.