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Une FED plus accommodante

Après avoir décidé une pause dans sa politique de restriction monétaire fin janvier, la Réserve fédérale américaine a surpris positivement cette semaine en ajournant toute hausse de taux à 2020. Souvenez-vous : en décembre dernier après avoir relevé l’objectif des FED Funds à 2,50%, cette institution anticipait deux nouvelles hausses en 2019 et une l’année suivante. S’en est donc fini de tout durcissement jusqu’à fin décembre. La prévision de croissance pour cet exercice a été également révisée à la baisse à 2,1% contre 2,3% précédemment. Les estimations de l’inflation pour 2019 sont revues à 1,8% contre 1,9% même si celles de l’inflation dite « cœur » sont maintenues à 2%. La FED prend donc acte du ralentissement mondial, suit la BCE dans le statu quo et arrêtera de réduire son bilan à fin septembre prochain. Si cette démarche pro-active est en général positive pour les marchés, elle suscite des interrogations chez les stratégistes pour leur allocation d’actifs et sectorielle. Bien que les classes obligataires notamment souveraine et « Investment Grade » sont les grandes gagnantes des récentes décisions accommodantes des deux plus grandes banques centrales mondiales, qu’en est-il des actifs risqués ? Il semble que le premier réflexe soit de favoriser les valeurs défensives et de rendement non cyclique ainsi que celles de croissance, au détriment des cycliques et des financières. C’est un choix que nous avons déjà adopté pour nos portefeuilles. La question de l’exposition actions est plus complexe surtout après le rebond depuis trois mois. Il semble qu’une consolidation soit possible mais la bonne tenue des obligations de bonne qualité et le maintien de spreads de crédit bas est un signe positif pour les marchés. Tout va dépendre donc des indicateurs macroéconomiques à savoir si ceux-ci se maintiennent au faible niveau actuellement, ou s’ils continuent à se dégrader davantage. Dans le premier cas, les organismes monétaires ont adopté des mesures suffisantes pour un redémarrage progressif de l’économie mondiale d’ici le deuxième semestre. Dans le cas contraire, ils devront adopter de nouvelles actions dites conventionnelles et non conventionnelles.

Revenons aux publications de cette semaine où les commandes de biens durable hors transport en janvier sont ressorties en baisse de 0,2% sur un mois ainsi que la production manufacturière de 0,4% en février. De facto, le taux d’utilisation des capacités diminue à 78,2% contre 78,5%. A l’opposé l’indicateur avancé affiche ce mois-ci +0,2% contre -0,1% précédemment. En ce qui concerne les données issues de sondages, les indices de sentiment du Michigan rebondit à 97,8 (contre 93,8) ainsi que celui du bien être des consommateurs à 61,5 (contre 60,8) et les perspectives d’affaires de Philadelphie à 13,7 (contre 4,8). Le moral tient assez bien aux Etats-Unis.

Dans la zone euro, l’actualité économique a été pauvre. La production dans la construction est en baisse en mars de 0,7% sur un an. Quant aux sondages de mars ZEW (attentes), ceux-ci ressortent en baisse de 2,5% dans la zone euro et 3,6% en Allemagne. Même si on ne note pas d’accélération baissière de tous ces indicateurs, le sentiment reste pesant et méfiant. Le moral n’est donc pas le même des deux côtés de l’Atlantique. La guerre commerciale et les incertitudes liées au Brexit en sont certainement les principaux facteurs.