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Une hirondelle fait-elle le printemps ?

Quel changement de sentiment soudain auprès des investisseurs ! La semaine précédente était synonyme d’aversion au risque caractérisée par des achats de dette souveraine à long terme allemande avec un rendement largement négatif et américaine à un taux inférieur à celui des échéances à court terme (3 mois). Ce fort mouvement s’est estompé brusquement ce lundi 1er avril avec la publication d’un PMI manufacturier chinois en mars à 50,5. Cet indicateur, au-dessus de 50 pour la première fois depuis novembre 2018, est apparu comme une éclaircie dans le ciel industriel européen actuellement bien sombre. L’espoir s’est renforcé avec l’annonce des PMI des services dans la zone euro au-dessus des attentes. Celui-ci est ressorti à 53,3 en mars contre 52,7 en février. Cette amélioration est notable dans tous les pays concernés. Même en progrès, la France est toutefois en queue de peloton avec un chiffre à 49,1 (soit en dessous du seuil de contraction) contre 48,7 le mois précédent. La situation actuelle en Europe est bien inhabituelle et marquée par une forte dichotomie entre les secteurs industriels moribonds et ceux du secteur tertiaire toujours dynamiques. Pourquoi certains opérateurs ont-ils modifié leur stratégie ? Parce que ce rebond d’activité en Chine, couplé à des mesures de relance de Pékin et la fin probable de la guerre commerciale, laissent présager un point bas très proche sur le vieux continent. Une amélioration de la conjoncture est donc possible pour le second semestre. Ce scénario est toutefois prématuré mais plausible. Il convient d’admettre que les banques centrales ont adopté depuis janvier un discours accommodant qui porte ses fruits. Les taux des obligations d’entreprises à 5 ans de notation « Investment Grade » ont atteint un nouveau point bas depuis plus d’un an à 0,54%, après avoir franchi à la hausse le seuil de 1% en ce début d’année. Cette contraction des rendements des dettes souveraines et « corporates » est un facteur de soutien très important pour les marchés d’actions. Elle permet de stabiliser les primes de risque et d’orienter les investisseurs vers des valeurs distribuant d’importants dividendes.

Outre-Atlantique, les chiffres économiques soufflent toujours le chaud et le froid. Du côté positif, les nouvelles demandes d’allocations chômage sont tombées le 23 mars à 202 000. C’est le niveau le plus bas depuis 1969 soit depuis 50 ans ! Le PMI des services de mars a également rebondi à 55,3 contre 54,8 le mois précédent. Dans l’immobilier, les ventes de logements neufs de février sont ressorties au-dessus des attentes à 667 000 contre 620 000, soit une progression mensuelle de 4,9%. Du côté négatif et en février, les ventes de détail et les commandes de biens durables sont en baisse respectivement de 0,2% et de 1,6%. La consommation des ménages en janvier et les créations d’emplois en mars selon l’ADP sont en-dessous des attentes respectivement à +0,1% contre +0,3% attendu et 129 000 contre 175 000 comme espéré. Il faut reconnaître que ces données américaines ont été relégués en second plan. Tous les regards ont été portés sur la Chine et l’Europe et les espoirs d’un futur accord commercial. On ne connaît toujours pas la date d’une nouvelle rencontre au sommet entre la Chine et les Etats-Unis mais nous avons appris à être patients. C’est également le cas pour le Brexit où seul une unité nationale pourrait trouver une issue à cet impasse parlementaire.