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Le Brexit reporté à Halloween…

Theresa May a obtenu, au sommet européen réuni en urgence, une prolongation de l’article 50 au 31 octobre 2019. La Première ministre a donc 6 mois de plus pour faire sortir son pays de l’Union européenne. Mais les 27 pays membres restants ont refusé de modifier l’accord négocié le 25 novembre dernier. Or, en Angleterre, la Chambre des communes a refusé ce texte à trois reprises. Comment sortir de cette impasse législative ? La locataire du 10 Downing Street devra trouver une solution miracle pour faire accepter une sortie ordonnée par ce Parlement récalcitrant et imprévisible. A moins de prendre le risque de le changer en convoquant de nouvelles élections. Le feuilleton du Brexit se prolonge une nouvelle fois et lasse les investisseurs, qui n’ont même pas salué ce report.

Du côté des banques centrales, c’est la prudence sur l’activité qui émane des dernières communications de la BCE et de la FED. Ainsi, lors de la conférence de presse tenue exceptionnellement un mercredi, Mario Draghi a réitéré sa prudence et a mentionné que les données continuaient à être faibles, en particulier pour le secteur manufacturier. Cette situation dure trop longtemps à cause de la demande extérieure, influencée par des facteurs spécifiques et en particulier par la guerre commerciale. De facto, les taux directeurs devraient rester inchangés en 2019 avec aucune réduction du bilan en vue pour une période encore plus longue. C’est le même son de cloche à la FED par l’intermédiaire de la publication des minutes de sa réunion du 19 au 20 mars. Bien que la situation de l’emploi reste robuste, la croissance ralentie avec une production industrielle qui connaît des soubresauts ces derniers mois et des investissements bien moins dynamiques. Ces éléments expliquent la bonne tenue du marché obligataire. Ainsi, les obligations d’entreprises se négocient à des taux au plus bas depuis un an, quelles que soient leur maturité ou leur qualité de signature.

Les dernières données économiques ne contredisent pas la vision des institutions monétaires. Ainsi, les Etats-Unis ont créé 196 000 emplois non agricoles en mars contre 177 000 de prévus. Le taux de chômage reste bas à 3,8%, avec une progression du salaire horaire qui ralentie à 3,2% sur un an glissant. En février, les commandes industrielles et les commandes de biens durables ressortent en ligne mais en baisse respective de 0,5% et 1,6%. L’inflation en mars dit « cœur », hors alimentation et énergie, baisse à 2% sur un an glissant, soit le niveau de la cible à moyen terme de la FED et au plus bas depuis un an. Cet indicateur explique en partie la patience et l’assouplissement de la banque centrale. Dans la zone euro, la production industrielle de février a baissé de 0,5% mais avec un rebond de 0,7% en Allemagne. La « Rhénanie » a vu sa balance commerciale rebondir ce même mois, mais avec une baisse des exportations (-1,3%) et des importations (-1,6%). Ceci est bien le reflet de la baisse du commerce mondial. Sans accord, il est donc difficile d’envisager un rebond de l’industrie. On peut noter des avancées entre les Américains et les Chinois. Mais qu’en est-il des européens avec l’offensive de Donald Trump sur les subventions d’Airbus ? Au niveau des entreprises, la saison des résultats du premier trimestre s’ouvre. Elle est déterminante pour un possible prolongement du rallye du début d’année dans un contexte des affaires dégradé.